Finistère
Spécial 10 ans : Ils étaient dans notre premier numéro...
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Spécial 10 ans : Ils étaient dans notre premier numéro...

Un anniversaire, ça se fête ! Le JDE 29 a dix ans ce mois-ci. Nous avons donc choisi de mettre en avant des entreprises finistériennes qui étaient dans ce 1er numéro. Retour sur une décennie de croissances, d'investissements, de rachats... et quelques crises aussi.

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À l'Aise Breizh

L'entreprise de Garlan, connaît la plus belle progression des 10 entreprises sélectionnées parmi celles présentes dans le numéro de mai 2005. Dix ans après, À l'Aise Breizh (80 salariés ; 9 millions d'euros de CA) est passé de 6 à 19 boutiques et a multiplié par 7 son chiffre d'affaires et sa masse salariale. La marque à la Bigoudène a été adoptée par les consommateurs et par 250 distributeurs multimarques. Elle est aujourd'hui incontournable dans le paysage breton grâce à des diversifications. Notamment dans la restauration avec les À l'Aise Breizh Café, créés en 2008 et 2011 à Vannes et Brest. « On y est allé progressivement, analyse Erwann Créac'h, le fondateur. Car j'avais beaucoup de métiers à m'approprier. » Et le dirigeant ne compte pas s'arrêter là. Dernière opération en date : le rachat, en mars, des Établissements Gagnant (renommés Tissage de l'Ouest) à La Salle et Chapelle Aubry (49). Cette PME familiale (10 salariés ; 500K? de CA), créée en 1850, est spécialisée dans le tissage et la confection de linge de maison. « Cela va nous permettre de rapatrier la fabrication de notre linge de maison (torchons, tabliers, nappes, etc.) en France. Auparavant nous faisions fabriquer au Portugal. »




2 PreVision - Groupe Émily

Pendant ces 10 ans, le familial de Tréflénévez aussi a progressé. « En mars 2005 nous étions 280 personnes réparties dans 6 sociétés. Aujourd'hui c'est 450 personnes dans 9 sociétés et le chiffre d'affaires a doublé », indique Paul Kerdraon, le directeur financier de PreVision. Le groupe travaille dans une quarantaine de pays (réguliers ou occasionnels). « Nous avons fait des ventes sur tous les continents, sauf l'Antarctique ! » Et c'est désormais la 3e génération qui a pris les commandes début 2015. Bénédicte et Anne-Claire, filles du président de PreVision, Michel Émily, ont pris la direction générale : « un changement dans la continuité », pour les deux DG. 3




Bluecom

« À l'époque, nous étions encore au technopôle ! On était en train de faire construire le bâtiment sur le port », se souvient Béatrice Cochard, la présidente de l'entreprise de service informatique et de téléphonie. Passer de locataire à propriétaire, une grosse étape pour la PME, qui a connu ensuite un coup de frein avec la maladie de sa dirigeante. « Mais ça m'a permis d'avoir une autre perspective et de réorganiser la société. Aujourd'hui, tous les postes fonctionnent en binôme. On a retrouvé une nouvelle dynamique. » Pour preuve : un chiffre d'affaires doublé sur cette décennie et le début de gros contrats. « On peut répondre à des appels d'offres sur 400 ou 700 postes de téléphonie. On travaille aussi bien avec les PME que les grandes entreprises. » Il y a deux ans, Bluecom a elle-même intégré un groupe avec les Brestois d'AC3 et Evernet. « Tout en restant indépendant dans notre gestion, cela nous a ouvert un marché potentiel de 9.000 clients partout en France car nous sommes le référent informatique pour les clients d'AC3 (création de site web pour les agences immobilières) », se félicite Béatrice Cochard. Et dans 10 ans ? « On devrait être présent nationalement », annonce la dirigeante. 4




Kanabeach

Il y a 10, c'était la success-story du Finistère. Malheureusement l'aventure de Fred Alegoët (décédé en mai 2013) et de son équipe a pris fin en mars 2013. L'entreprise de Locmaria-Plouzané n'aura pas résisté à la crise. La faute, sans doute, a une stratégie d'ouvertures de boutiques partout en France. Une ascension rapide, trop rapide. En 2005, Kanabeach employait 80 personnes pour 14 M€ de CA. En 2007, juste avant le début de la crise, la société avait investi 1,5 M€ pour une extension de son usine, prévoyait l'ouverture de 6 magasins et visait l'international. Aujourd'hui, la marque appartient au fabricant de papeterie Rennais Oberthur et une relance se prépare, depuis le Pays Basque. 5




Antennessa

Si Antennessa n'existe plus, son activité se poursuit. L'entreprise de Frédéric Perrot et Hervé Lattard a été rachetée par Satimo en juillet 2007. Aujourd'hui, l'usine de Brest (27 salariés) correspond à ce qu'était Antennessa et le site est dirigé par Hervé Lattard. « On a complètement intégré le groupe et on a continué tout en restant ici », explique-t-il. Le groupe Satimo (56,7 M€ de CA ; maintenant Microwave Vision Group, MVG), également spécialiste des antennes, souhaitait renforcer son équipe R & D. Antennessa avait besoin de plus de poids pour l'international. Le site s'est aussi diversifié. En début d'année, MVG a dévoilé son produit S@ilink, un boîtier, conçu et produit à Plouzané, permettant de recevoir la 4G jusqu'à 20 kilomètres des côtes. 6




Le Nouy

« En 10 ans, on a eu une petite progression », observe François Le Nouy, le directeur général du fabricant de portail de Briec, Le Nouy. En 2005, l'entreprise avait ouvert son capital à trois sociétés d'investissement (3i, Avenir Entreprise Gestion et Oséo, devenu Bpifrance) et investissait 5,3M€ pour une extension dans un ancien site de Doux. « Nous étions en croissance jusqu'en 2008 mais la crise est passée par là. En 2005, nous étions à 24 M€ de CA, 31 M€ en 2011, notre meilleure année. En 2014, nous sommes à 28 M€ pour 240 salariés », indique le dirigeant. En 2009, nouveau changement dans le capital : François et Alain Le Nouy reprennent le contrôle de la société avec la sortie du fonds 3i, rentré en 2005 au capital. En 2015, l'entreprise repart de l'avant, l'année s'annonce meilleure et une nouvelle agence, la troisième, a ouvert à Rennes en avril. « Nous avons aussi obtenu plusieurs labels de qualité qui vont nous permettre d'être reconnus sur le marché », assure le directeur général. 7




Guyader

Pour Christian Guyader, président du groupe du même nom, voir la progression de l'entreprise sur 10 ans a été une surprise. « On a multiplié, grosso modo, par trois le chiffre d'affaires et le nombre de salariés. Je ne m'y attendais pas car je ne regarde pas ce genre de chose. Je préfère avancer au fur et à mesure », explique-t-il. Derrière les chiffres (de 24 M€ de CA en 2005 à 70 M€ en 2014), il y a aussi la transformation d'une PME en un groupe de l'agroalimentaire. Le président a même repris la course de voile de Douarnenez. Le Grand Prix Guyader est désormais une vitrine du savoir-faire du territoire. En 2005, Guyader créait Eurocake à Kerginac (56), un atelier spécialisé dans le traiteur. En 2007, l'entreprise reprenait les salaisons Elquin à Quintin (qui déménageront en 2015 à Saint-Agathon) et l'usine de fumaison artisanale de poisson Wilmar à Nantes. Puis en 2012, ce fut au tour de Bretagne Saumon et des Andouilles de Fouesnant d'intégrer le groupe de Landrévarzec. « Tout ça s'est fait en marchant. Je ne me suis jamais dit " il faut tripler le chiffre d'affaires ", insiste Christian Guyader. Pour moi, tout vient de la qualité des produits. » L'entreprise investit donc en R & D et sort régulièrement de nouveaux produits, des box, des terrines, du cobranding avec Boursin ou La Vache qui Rit. Dans les salons, elle remporte de nombreux prix. « C'est dans l'ADN de l'entreprise », explique le président, qui s'occupe désormais du développement. Il s'est associé en 2012 à Antoine Gorioux, ancien de Kritsen, qui a pris les rênes de l'opérationnel en tant que directeur général. Une structuration nécessaire dans le contexte économique actuel. « Depuis 10 ans, on a vu changer le modèle dans l'agroalimentaire. Au lieu de courir après le volume, il a fallu privilégier la valeur. Cela tombait bien, c'est notre philosophie, même si l'on a souffert aussi », analyse le dirigeant. 8




Agrauxine

Si l'entreprise de biotechnologies possède toujours un site en Finistère, à Plomelin, Agrauxine a officiellement déménagé son siège à Beaucouzé dans le Maine-et-Loire en 2011. Spécialisée dans la bio-protection des plantes, l'entreprise est également passée sous le contrôle du groupe nordiste Lesaffre, un leader sur le marché des levures. Objectif : décoller à l'export. La start-up avait connu une période difficile. Sa filiale, Agronature, implantée en Rhône-Alpes, avait déposé le bilan en 2010. La même année, deux DG se sont succédé à quelques mois d'intervalle. Le second, Antoine Coutant, arrivé mi-2010, est toujours à la tête de l'entité. « Nous ouvrons une nouvelle page pour Agrauxine, expliquait-il au moment du rachat par Lesaffre. Sous trois ans, nous devrions recruter entre 5 et 10 personnes et nous réfléchissons déjà à une extension de notre site de Beaucouzé. » 9




Espace Pur

En 10 ans, la TPE de Pont-l'Abbé n'a gagné qu'un salarié, mais multiplié son chiffre d'affaires par 3. Un choix délibéré pour l'entreprise qui conçoit son système " Stabiplage ", permettant, comme son nom l'indique de stabiliser les plages. « On a préféré sous-traiter une partie de notre activité au travers de partenaires. On se concentre sur le bureau d'études », explique la dirigeante, Béatrice Cornic. Ce qui n'empêche pas la société de se développer. « En 2005, c'était pour nous le début du grand export avec le Vietnam. Depuis, leur gouvernement nous fait vraiment confiance sur ces problématique de littoral. Nous avons aussi des stabiplages dans la zone Caraïbe », liste la présidente. En France aussi, le système est reconnu, du Guilvinec à la Corse. « On travaille beaucoup avec des collectivités, mais aussi avec des privés comme des campings. Il y a, depuis ces dernières années, une véritable prise de conscience sur l'enjeu de la préservation du littoral. Avec cependant un bémol : la baisse des aides de l'État aux collectivités provoquent des délais de paiement pour les communes notamment. »


Brasserie Britt « On a réussi à faire de la bière Britt une bière de consommation courante et plus seulement une bière pour les touristes », se félicite François Quellec, le dirigeant de la brasserie de Tregunc. Avec 30 salariés et 6,3 M€ de CA, l'entreprise a doublé. Cédée en 2012 par Jean-François Istin et Hervé Corbel, Britt avait déjà amorcé son ascension. « On a beaucoup innové avec Hervé : la corne, le fût jetable, etc. On est passé de 10 salariés et 1 M€ de CA, quand on a repris en 2000, à 30 salariés et 5 M€ quand on est parti, se souvient Jean-François Istin, désormais dirigeant de NDMAC, la tireuse à bière connectée. L'entreprise avait besoin de passer à une nouvelle étape pour une dynamique nationale. D'où le choix de passer la main. » En 2015, le pari est en passe d'être réussi, grâce à la Saint-Erwann. « C'est un vrai atout d'avoir une telle bière dans le portefeuille de la brasserie. En 2 ans, les volumes ont été multipliés par deux ! », se réjouit François Quellec. Britt vise désormais un développement national et international. « L'export, c'est 1 % aujourd'hui. Nos concurrents sont entre 5 et 10 %. Le potentiel est là. »

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