Sovopa : Mettre les oeufs en boîte
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Sovopa : Mettre les oeufs en boîte

Sans forcément être très visible, la filière oeufs sarthoise est pourtant très active. Sovopa possède ainsi 190.000 poules et met en boîtes des oeufs d'éleveurs bretons. Sa calibreuse, récemment installée, atteint désormais une cadence de 120.000 oeufs par heure, la plus élevée du Monde...

1,8million d'euros: la nouvelle calibreuse de Sovopa Aigné fait tourner la tête. Installée le 1erjuin, par son constructeur néerlandais (ils ne sont que deux au monde), elle peut traiter 120.000 oeufs par heure, la capacité maximale de ce genre de machine actuellement. «Cela nous permet de capter de nouveaux marchés. Et nous avons encore de la marge car, pour l'instant, la calibreuse fonctionne 9heures par jour, 6 jours par semaine» explique Gérard Laurens, le directeur général du site.




4millions d'oeufs par semaine

«Jusqu'au 1ernovembre, nous fournissions 2,7millions d'oeufs par semaine. Nous sommes passés à près de 4millions d'oeufs hebdomadaires car nous livrons une nouvelle base logistique, à Aix-en-Provence». Et l'arrêt de la production d'oeufs ultra-frais par Lustucru profite à ceux qui restent... Le monde de l'oeuf, très concentré, traite en effet de gros volumes en raison de la faible marge unitaire notamment sur la principale production en volume, l'oeuf standard. Le groupe LDC possède trois filiales de conditionnement, dont il a confié la direction à Gérard Laurens. Sovopa à Aigné est spécialisée dans les oeufs standards sous marque le Gaulois (lancée il y a un peu plus d'un an, elle s'installe pleinement dans le paysage) et sous marques de distributeur. L'?uf Landais, repris récemment, est son pendant dans les Landes. Il traite des oeufs standards et des oeufs de plein air. Enfin, Sacofel dont LDC est actionnaire majoritaire aux côtés des Fermiers de Loué, assure la mise en boîte des oeufs alternatifs des éleveurs de Loué (700.000 poules Label et Bio). Le groupe sarthois possède également des parts dans une casserie de Poitiers, Samo, qui propose des ovoproduits pour la pâtisserie et l'agroalimentaire. La commercialisation des oeufs est centralisée par Ovalis. La filière de LDC (capacité totale: 320.000 oeufs/h) s'est associée pour cela avec Prampr'oeufs dans les Deux-Sèvres (capacité: 180.000 oeufs/h). Aujourd'hui, la seule solution pour les opérateurs encore présents sur ce marché est d'abaisser le coût de calibrage, d'où cette nouvelle machine.




La sécurité alimentaire prime

Très fragile, l'oeuf doit être traité avec égards. La nouvelle machine Moba est ici directement connectée aux tapis qui sortent de l'élevage: de la poule à la poêle, aucune autre main que celle du consommateur ne va le toucher. Dans tous les cas, l'oeuf doit d'abord être propre: «il y a toujours un pré tri en élevage», explique Ludovic Durand, responsable qualité. La réglementation interdit en effet tout lavage des oeufs car il briserait leur barrière naturelle de protection. Il faut ensuite s'assurer de l'absence de germe pathogène, notamment les salmonelles. Depuis des années, toute la filière a travaillé sur les souches de poules, les conditions d'élevage des animaux reproducteurs, la vaccination des poulettes, les aliments et leur livraison. Puis la calibreuse se met en route: mirage (éviter les oeufs fêlés ou fendus), datage, calibrage puis mise en boîtes selon les commandes.




Mise aux normes coûteuse

Si l'investissement dans ce nouvel outil de production est très visible, l'autre programme en cours l'est moins, même s'il est obligatoire. En effet, la mise aux normes bien-être concernant les poules pondeuses doit être effective le 1erjanvier 2012: chaque poule devra disposer de 750cm² (contre 550cm²). Les travaux ont déjà démarré à Aigné. «27% des cages sont déjà réaménagées, avec trois ans d'avance car nous préférons échelonner les investissements: la mise aux normes coûte en effet 20euros par poule... avec 187.000 poules, cela fait une certaine somme ! Nous voulons également être sûrs que les fournisseurs de ces matériels seront capables de nous livrer, complète le dirigeant, car tout le monde risque de s'y prendre tard, le prix et la disponibilité des matériels devraient alors être tendus.»

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