Souffrance au travail : Le chef d'entreprise aussi
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Souffrance au travail : Le chef d'entreprise aussi

Les salariés ne sont pas les seuls à rencontrer des problèmes de souffrance au travail, les chefs d'entreprises aussi. De nouveaux dispositifs pour les aider se mettent en place en région.

« Tous les jours on voit des chefs d'entreprises qui vont très mal », s'alarme Francis Labrunye, président du tribunal de commerce de Rouen. Entre les tribunaux de commerce du Havre, Dieppe, Lisieux et Rouen, ce sont plus de 1.600 procédures de sauvegarde, liquidation ou encore redressement qui sont ouvertes chaque année (dont 45 % pour Rouen) et parmi celles-ci : « Entre 5 à 10 % des chefs d'entreprises sont en grande souffrance », explique Francis Labrunye. Face à ce constat, les quatre tribunaux de commerce, sur l'exemple du tribunal de Saintes, précurseur dans le domaine de la prévention de la souffrance du chef d'entreprise créent un dispositif d'aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë (APESA). « L'objectif est de reconnaître la souffrance des entrepreneurs en difficulté face aux dettes ou au dépôt de bilan par exemple, et de proposer, le cas échéant un traitement par suivi psychologique ».




Un système d'alerte

Pour être efficace, le dispositif compte s'appuyer sur des lanceurs d'alerte, des professionnels qui côtoient régulièrement le chef d'entreprises tels que les experts-comptables, avocats, chambres de commerce, mandataires, ou encore syndicats. « Ils doivent pouvoir interpeller l'entrepreneur qui semble aller mal et avec son accord remplir une fiche d'alerte », précise le président du tribunal de commerce de Rouen. Une fiche d'alerte ensuite envoyée à une plateforme téléphonique dédiée ou des psychologues réalise un tri entre les problèmes mineurs et plus importants avant de renvoyer ensuite vers un professionnel local pour un suivi du chef d'entreprise en souffrance. « Notre objectif est de faire progresser l'aspect humain des choses ainsi que l'aspect économique. Car, un chef d'entreprise qui va mal lors d'une procédure ne prend plus de décision. Ce suivi peut aider l'entrepreneur à rebondir en assumant son échec. C'est aussi une manière de pallier, en partie, à l'absence d'un service de santé au travail pour les entrepreneurs », affirme Francis Labrunye.




Une convention avec le CIP

L'APESA vient compléter le dispositif des centres d'informations sur la prévention des entreprises en difficultés (CIP) dont le rôle est d'informer les dirigeants des différentes procédures pour trouver des solutions à leurs difficultés économiques. Une convention nationale de partenariat entre le CIP National et l'association APESA a été signée le 10 juin dernier lors d'une réunion organisée à Trouville par les Experts-comptables de Normandie. Les 63 centres de prévention en France bénéficieront progressivement du dispositif APESA. Une initiative d'importance car selon l'APESA, un chef d'entreprise se suicide tous les deux jours en France...


www.cip-national.fr https ://apesa.live/

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