Suite à un appel à projet national, le ministère de l'Écologie, de l'Énergie et du Développement durable a sélectionné 32 projets en France de production d'énergie à partir de la biomasse (matières organiques). Ces projets, qui représentent un total de 250 mégawatts, soit l'équivalent du quart d'un réacteur nucléaire, bénéficieront d'un tarif préférentiel d'achat de l'électricité (150?MWh) à un prix garanti pendant vingt ans. En Bretagne, deux projets ont été retenus, un à Brest et l'autre à Rennes. À la pointe du Finistère, c'est Sotraval, société d'économie mixte gestionnaire de l'usine d'incinération du Spernot qui emporte la mise. L'entreprise a conçu un projet de chaufferie bois d'une puissance de 20 mégawatts dédié à la production d'électricité (36.000MW/h) et à la fabrication de chaleur (48.000MW/h). Pour l'alimenter, Sotraval aura recours aux plaquettes forestières, un combustible issu de l'exploitation des forêts, peu ou pas valorisés actuellement. «On ira chercher cette ressource inexploitée à 80 kilomètres à la ronde, à l'Est de Brest», souligne Vincent Le Jeune, directeur de Sotraval. Il est prévu de valoriser la partie ligneuse des déchets traités pour faire du compost et la partie non ligneuse pour produire du méthane dans le cadre d'un autre projet à Saint-Servais. BMO, via le concessionnaire exploitant du réseau de chaleur de la ville (Dalkia), s'est engagée à racheter le mégawatt/h à un tarif de 40€. «Cela devrait permettre d'équilibrer financièrement le projet», note Vincent Le Jeune, qui attend désormais l'accord de la commission de régulation de l'énergie. Ensuite, Sotraval disposera de 30 mois pour construire la centrale, à proximité de l'unité de valorisation énergétique des déchets.
Société d'économie mixte gestionnaire de l'usine d'incinération du Spernot, Sotraval vient de remporter un appel à projet pour la création à Brest d'une unité de production d'énergie à partir de biomasse.