Étonnante reconversion que celle entamée en 2000 par Laurent de Vito, lorsque ce cuisinier trentenaire décide de vendre son resto stéphanois pour reprendre un garage station-service en liquidation judiciaire à Sorbiers. Gardant les deux premiers mois l'ancien propriétaire qui s'était porté caution, le nouveau gérant se forme sur le tas en mécanique et vente de véhicules d'occasion et concrétise ainsi son ancienne passion pour l'automobile. Au hasard d'un accident survenu près de son garage, il effectue un dépannage avec son 4X4 qui lui donne l'idée de se lancer dans cette activité en proposant du dépannage-remorquage 7 jours sur 7 et 24h sur 24. Après s'être acharné pour obtenir un agrément pour l'autoroute, il autofinance l'achat d'un camion et se retrouve référencé comme gardien de fourrière pour La Talaudière. Le jeune entrepreneur va connaître un constant développement avec aujourd'hui huit camions et treize salariés, grâce à la confiance de partenaires.
Nouveau site de 3.400m² à Saint-Étienne
Mais le nouveau virage de Laurent de Vito s'amorce en mars2007 avec le rachat de la société Eco Dépannage installée rue du Docteur Louis Destre à Saint-Étienne. Pour poursuivre son développement, il décide de voir plus grand et rachète via une SCI un site de 3.400m², rue des Mouliniers à Saint-Étienne. L'ouverture de ce nouveau site est prévue courant janvier. Sur cet emplacement, il va pouvoir développer l'activité dépannage pour poids-lourds et offrir deux labos de recherche pour des investigations sur les véhicules volés, à disposition des services de police et de gendarmerie. Sur les 9 bureaux, il a décidé d'en louer 5 pour créer ainsi un petit pôle d'activité. Encore une bonne idée pour ce fonceur qui aura investi près d'1M€ dont 500.000€ pour le site, 300.000€ pour l'achat d'un gros véhicule de remorquage PL et 150.000€ pour des équipements spéciaux. «Depuis le début, j'investissais sans crédit bancaire, au gré de l'évolution de mon business. Quand j'ai commencé, les banques ne m'ont pas suivi et je trouve qu'elles se fient trop aux chiffres plutôt qu'à la personnalité de l'entrepreneur», avoue celui qui, pour boucler un prêt juste avant la crise, a dû mettre son propre appartement en caution. «Le Crédit Mutuel m'a aidé pour le bâtiment et je dois remonter un dossier pour acheter la dépanneuse PL», ajoute Laurent de Vito qui, une fois obtenu l'agrément poids-lourds pour l'autoroute, devrait pouvoir embaucher trois ou quatre personnes. Tout en étant un fervent défenseur du projet de l'A45 qui, à l'avenir, pourrait être pour lui un gros pourvoyeur d'activité. À ce jour, son volume d'interventions en dépannage, transport et relivraison se situe entre 300 et 350 véhicules par mois. Rien que lors des fameuses inondations de Rive-de-Gier en novembre dernier, grâce à son camion-grue, il a eu quelque 280 véhicules à enlever sur une période de quinze jours. Des véhicules qu'il a fallu stocker avant expertise. «Aujourd'hui, avec la multiplication des radars, il y a nettement moins d'accidents et cette activité a baissé de 30%», souligne-t-il, tout en confiant que «les véhicules désormais truffés d'électronique connaissent beaucoup de pannes!». Rien que pour ce créneau, il devrait d'ailleurs acheter un véhicule-atelier équipé spécialement pour les interventions électroniques.
Passé de l'huile de friture à l'huile de moteur, mais avec beaucoup d'huile de coudes, le gérant de Sorbiers Dépannage poursuit son expansion depuis le rachat d'Eco Dépannage, société qu'il vient de transférer sur un nouveau site de 3.400m² à Saint-Étienne. Il veut développer l'activité d'assistance aux poids-lourds.