Sofiprotéol : Une stratégie bien huilée
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Sofiprotéol : Une stratégie bien huilée

La nouvelle unité de décorticage de Saipol, filiale de Sofiprotéol, sera achevée en mars. En parallèle, débutera sur ce même site de Bassens la construction de la future usine Lesieur. Sofiprotéol investit 50M? dans ses deux filiales afin d'optimiser et de diversifier leurs productions.

Dans la zone portuaire de Bassens, sur le site de Saipol, la silhouette de la future unité de décorticage de graines de tournesol se dresse désormais, bardée encore d'échafaudages. Débuté en mars2012, le chantier touchera à sa fin en mars. «À partir de juin, nous pourrons lancer la production de tourteaux de tournesol High Pro», déclare Xavier Aznarez, le directeur de l'usine Saipol-Bassens qui emploie 86 salariés. Cette unité de décorticage permet de séparer l'enveloppe fibreuse des graines de tournesol (la coque) de son coeur riche en huile et protéines (l'amande). Issus de ce nouveau procédé, les tourteaux de tournesol présentent une valeur nutritionnelle améliorée, avec une teneur en protéines plus élevée. «Nous serons les seuls en France à disposer d'une telle unité, ajoute le directeur. L'objectif est de nous démarquer de la concurrence alors que la conjoncture est aléatoire, d'élargir notre palette de clients et de favoriser les filières locales tant dans nos approvisionnements en tournesol qu'en proposant ces tourteaux de meilleure qualité à des industriels de l'alimentation animale dans le Sud-Ouest, par exemple la filière canards.»




Une unité alimentée par une chaudière biomasse

Le tout chapeauté par des priorités environnementales. Juste à côté de l'unité de décorticage, une chaudière biomasse prend forme, qui pèse pour près de la moitié des 32M? d'investissement réalisées par Saipol. Son combustible? Les coques des graines de tournesol. Son intérêt? Fournir la vapeur nécessaire au fonctionnement de l'usine et réduire ainsi, en remplacement de l'ancienne chaudière à gaz, les émissions de gaz à effet de serre de 40.000t éq. CO2 par an. «L'originalité du projet est d'imbriquer des soucis de préservation environnementale en pariant sur un marché d'avenir», précise Xavier Aznarez. Et en disposant de même d'une capacité de production accrue. Triturant actuellement 650.000tonnes de graines de tournesol et de colza par an, la nouvelle unité de Saipol, qui va créer une dizaine de postes, permettra d'atteindre le million. «Tout va dépendre de la demande, mais nous espérons atteindre ce niveau d'ici 4 à 5 ans.»




Prudence sur le diester

La prudence reste cependant de mise. Dernièrement, Sofiproteol a pris des risques en lançant en 2006 sur son site de Bassens, via Diester Industrie une unité de production de biodiésel dont Saipol assure l'exploitation. Près de 75millions d'euros avaient déjà été investis sur le site de Bassens, dont une partie concernait directement les ateliers d'estérification et de semi-raffinage dédiés à la production de ces biocarburants. Un secteur qui n'est plus bénéficiaire. Bien que le résultat net de Saipol atteigne les 20M? en 2012, celui de Diester Industrie sera proche de zéro. Seules 150.000tonnes de diester sont produites par an alors que les capacités de l'atelier atteignent les 250.000tonnes. «Ce domaine est en perte de vitesse. Nous attendons les décisions de Bruxelles, mais il y a une incohérence de la part des politiques à demander aux industriels d'investir et ensuite de faire marche arrière. Depuis 2003, nous étions dans une bonne période de développement. Désormais, on entre dans une période plus difficile», regrette le directeur




Démarrage des travaux pour Lesieur

Une autre actualité bat son plein sur le site de Bassens. En décembre, ont débuté les travaux de démolition de l'ancienne usine Solaé. Situé entre Saipol et Diester, ce terrain acquis par Saipol en 2009 abritera la nouvelle unité de conditionnement de Lesieur, soit un bâtiment de 14.000m² d'une capacité initiale de production de 90millions de litres d'huiles par an. Un investissement de plus de 20millions d'euros qui sera concrétisé par la mise en activité de l'unité au premier semestre 2014. À cette date, l'historique usine Lesieur de Bacalan quittera alors la rive gauche pour la rive droite, laissant son site libre aux mains du promoteur Altarea Cogedim, participant à la rénovation du quartier des Bassins à flot. «Cela s'inscrit dans une logique de rapprochement entre Saipol et Lesieur. Déjà en 2009 l'unité de raffinage, opéré jusqu'alors par Lesieur, s'est implantée à Bassens», précise Xavier Aznarez. L'occasion de remettre à plat les process existants, d'améliorer les conditions de travail comme les flux des produits et de réduire les charges par une mutualisation des infrastructures avec Saipol.

Saipol



(Bassens)


05 57 80 87 50

Lesieur

(Bordeaux-Bacalan) 05 56 50 97 62

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