Vous annoncez finaliser un nouveau tour de table financier à hauteur de 100 millions d’euros. Quels sont vos projets avec ce financement ?
Il va s’agir de la quatrième levée de fonds depuis que j’ai racheté Socomore en 1998. Faire venir des fonds permet d’organiser une respiration financière tous les cinq à sept ans. Ce nouveau tour de table va nous permettre de mener à bien notre projet stratégique Soco2030. Nous visons un doublement de taille d’ici cinq ans. Actuellement, nous réalisons 120 millions d’euros de chiffre d’affaires et comptons 500 salariés.
En quelques mots, cela va se traduire par de nouvelles acquisitions. Il y en a déjà eu une quinzaine ces quinze dernières années en Europe et aux États-Unis. Cela doit nous permettre également de construire de nouvelles usines comme nous l’avons fait à Elven, près de Vannes ou à Fort Worth (États-Unis)… Mais aussi de mener des investissements en R & D, de se transformer pour réduire l’impact des solutions, que nous fournissons, sur la santé et l’environnement.
Qui sont vos nouveaux investisseurs et comment se répartit désormais le capital ?
Je dois dire que nous avons eu le choix des investisseurs. Nous avions fait un appel d’offres européen auquel ont répondu des Français, des Italiens, des Anglais, des Belges, Nous sommes heureux d’accueillir Three Hills (qui gère environ 3 milliards d’euros d’actifs, NDLR), une société d’investissement basée au Luxembourg mais aussi à Paris, ailleurs en Europe et aux États-Unis.
"Nous devrions avoir finalisé la levée de fonds d’ici la fin de l’été"
C’est un nouveau venu sur le marché français qui nous fait une vraie belle offre d’accompagnement. Cela passe par une bonne compréhension de nos métiers, de nos enjeux et de nos projets mais ils ont aussi un rôle d’ambassadeurs auprès de la communauté financière. Ils nous accompagnent avec Bpifrance et Crédit Mutuel Equity, qui demeurent à nos côtés, et Société Générale Capital Partenaires qui nous rejoint. Nous devrions avoir finalisé la levée de fonds d’ici la fin de l’été. Le capital se répartit ainsi : il y a un groupe majoritaire composé de la famille et des salariés et un groupe minoritaire composé par les financiers.
Cela va donc vous permettre d’activer très tôt ces nouveaux projets ?
Nous venons de signer deux partenariats importants sur le salon du Bourget. Le premier est avec Socomore Ventures, le fonds d’investissement du groupe Socomore, qui est orienté sur le soutien aux start-up ou à de nouvelles technologies qui sont pertinentes pour nous. Nous rentrons au capital, en amorçage et de façon minoritaire, au capital de CGreen. Il s’agit d’une très belle pépite qui a mis au point une nouvelle technologie pour la fabrication de fibres de carbone avec une technologie souveraine. Actuellement, nous dépendons de technologies américaines et japonaises. C’est une innovation majeure. CGreen est un spin-off (une séparation d’une entité mère) de l’Institut de Recherche Technologique Jules Verne de Bouguenais (Loire-Atlantique.)
Chaque année, Socomore Ventures, c’est un million d’euros d’investissement au travers de trois ou quatre participations par an.
Le groupe vient aussi de signer avec 3CHEM, le fabricant américain de peintures avec lequel nous avions déjà des accords exclusifs de licence. 3CHEM rejoint le groupe Socomore. Et il y en aura d’autres à court et moyen terme.