Un catamaran guérandais participera t-il aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro de 2016? C'est ce qu'espèrent en tous les cas Pierre-Yves Robin, Yves Loday et Jean-Christophe Amédée Manesme, qui ont repris ce chantier de dix personnes en 2009. Fin mars, le triumvirat de Sirena a présenté un de ses bateaux au concours organisé par la fédération internationale de voile à Santander, en Espagne. Portant le nom du célèbre chasseur utilisé par la RAF lors de la seconde guerre mondiale, le Spitfire's, le catamaran sportif de cinq mètres que la PME ligérienne construit depuis la prise de contrôle en ce début d'année de la société anglaise Loday White, tentera de détrôner le Tornado, indéboulonnable catamaran des JO. Mis au point par des architectes britanniques, celui-ci reste même à ce jour le seul catamaran olympique, depuis l'apparition de cette épreuve, en 1976 à Montréal. C'est d'ailleurs sur ce voilier qu'Yves Loday, architecte et associé de Sirena, a remporté... la médaille d'or des JO de Barcelone en 1992! Ce clin d'oeil ne suffira pas pour faire pencher la balance en faveur du Spitfire's. D'autant que d'autres fabricants sont dans la course: les Américains Nacra et Hobie Cat ainsi que l'Australien Viper. Pierre-Yves Robin compte davantage sur les performances du Spitfire's, catamaran lancé il y a une dizaine d'années, et qui vient d'être entièrement repensé, ainsi que... sur un bégaiement de l'histoire: «C'est la deuxième fois que nous participons à un concours organisé par la fédération internationale de voile. La première fois, en 2003, nous avions gagné!» Le SL 16 de la PME avait en effet été sélectionné pour participer aux championnats du monde. Le chef d'entreprise ne lésine pas non plus sur les soutiens: «On a rencontré David Douillet, le ministre des Sports, qui a dû parler du bateau au président du CIO (NDLR: Comité international olympique)».
100% du chiffre d'affaires
Le vainqueur de la compétition sera connu début mai. À la clé, un joli marché: «La première année, cela représente une centaine de bateaux par an. Soit 100% de notre chiffre d'affaires actuel (NDLR: 1,4million d'euros en 2011). La seconde année, cela représentera une cinquantaine d'unités», explique Pierre-Yves Robin. L'entreprise se dit d'ores et déjà prête à absorber cette potentielle croissance. «La difficulté va être d'accompagner celle de nos sous-traitants, car si nous concevons et assemblons les bateaux, la fabrication est externalisée en Europe», poursuit le chef d'entreprise. Cet épisode montre en tous cas le renouveau du constructeur guérandais, qui a connu de grosses difficultés en 2009. Depuis le chiffre d'affaires a fortement progressé, passant de 900.000€ en 2009 à 1,4million d'euros en 2011. Et les perspectives semblent favorables, Pierre-Yves Robin, tablant sur 1,6 à 2millions d'euros de revenus cette année.
Sirena
(Guérande) Co-gérant: Pierre-Yves Robin 10 salariés 1,4M€ de CA 02 40 42 89 89