Éric Le Jaouen, gérant de Ginkgo à Saint-Étienne, cabinet de recrutement, vice-président du Medef en charge de la fusion des Medef régionaux
« Pour moi, la mère de toutes les réformes serait une réforme totale de l'Éducation Nationale. Pas les réformettes que l'on fait depuis 30 ans, je parle d'une vraie réforme en profondeur : autonomie des établissements, formation continue et évaluation des enseignants, refonte complète des contenus pédagogiques incluant des supports NTIC, aménagement du collège unique. Il faudrait également un réel développement de l'apprentissage...Pour cela, si j'étais président, mon Premier ministre serait également Ministre de l'Éducation Nationale. »
Olivier Ginon, président de l'ETI lyonnaise GL Events
« Nos hommes politiques doivent s'attacher à la transmission des ETI. Si l'on veut créer des emplois en France, il faut des ETI fortes. Je milite pour un coût nul de la transmission familiale, à partir du moment où ces entreprises ne sont pas vendues, pendant une période à définir, par les enfants. Nos entreprises représentent un trésor. Pour pouvoir le transmettre, il faut un système sans taxe. Le risque, sinon, est de voir ces sociétés s'installer à l'étranger. Acceptons qu'en France il y ait de la réussite, acceptons que l'entreprise puisse être transmise, qu'elle soit gérée ou non par les enfants. J'ai 58 ans et quatre enfants, je suis président fondateur d'une ETI... Jamais je ne partirai à l'étranger car ce n'est pas dans ma philosophie d'entrepreneur mais il faut changer le système. »
Philippe Wargnier Président d'Evioo, distributeur de lunettes en ligne et en boutiques basé à Grenoble
« Le plus important, selon moi, serait d'incarner de l'espoir et de donner une vraie perspective aux Français, c'est-à-dire se mettre dans une dynamique positive. Pour cela, je ferais en sorte que la politique ne soit pas un métier mais qu'elle soit beaucoup plus ouverte à la société civile, plus proche de la réalité des entreprises, des associations... J'imposerais également un cadre réglementaire stable. Je travaillerais à une refonte du système de formation et de chômage. Il existe aujourd'hui une gabegie avec les fonds formations mal ou pas utilisés. Cela ne favorise pas le retour à l'emploi. D'ailleurs, sur ce sujet, je n'appliquerais certainement pas la proposition de Benoît Hamon sur le revenu universel. Je pense que les Français veulent s'épanouir dans un travail qui leur donne du plaisir. Et non être assistés. »
Nicolas Stori, président d'Astrée Software (édition de logiciels pour l'industrie) à Saint-Étienne
« Si j'étais président, je développerais les filières de formations numériques pour rattraper un retard de 25 ans. Si j'étais président, je supprimerais tout ce qui complique le développement des entreprises : seuils sociaux, niches fiscales, contraintes administratives... Je supprimerais aussi toutes les pressions fiscales et sociales qui freinent la mise en oeuvre d'actions favorisant l'épanouissement des collaborateurs (ouverture du capital, bien-être, ...). Si j'étais président je rendrais réellement impossible la fracture numérique avec l'accès pour tous au réseau haut débit (au même titre que l'eau et l'électricité) et je poursuivrais les actions en faveurs de l'investissement productif pour réindustrialiser la France.»
Pascal Rémy, P-dg de SNF Floerger (floculants) à Andrézieux-Bouthéon
« Si j'étais président je mettrais en oeuvre l'intégralité des mesures préconisées par Agnès Verdier Molinié, la directrice de l'Ifrap dans son dernier ouvrage. Les quatre premiers mois seraient consacrés à prendre par ordonnance toutes les mesures d'urgence visant à débloquer le pays: temps de travail annuel fixé à 1 750 heures, retraite à 65 ans, remontée de tous les seuils sociaux à 250, suppression de l'obligation de 25% de logements sociaux, annulation de la décision de fermer Fessenheim, suppression du projet de prélèvement à la source... Ensuite, je lancerais les grandes réformes que la France attend depuis 30 ans: refonte complète du système paritaire en supprimant tout financement public aux syndicats (salariés et patronaux); réduction de la dépense publique par le non remplacement d'un agent public sur deux, diminution drastique du nombre d'élus à tous les échelons...»