SIC : Reprise en Scop par les salariés
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SIC : Reprise en Scop par les salariés

Biens d'équipements. Le fabricant de cloisons et aménageur d'espaces SIC (Melamare) devient AMGE industrie, suite à la reprise de l'entreprise en SCOP par ses salariés.

« C'est avant tout un projet collectif. Nous avons créé AMGE industrie pour sauver l'entreprise en difficultés », explique Guillaume Ade, nouveau dirigeant de la société SIC, devenue AMGE industrie depuis son passage en SCOP (société coopérative et participative) validé par le tribunal de commerce du Havre, le 16 avril dernier. Huit mois de redressement judiciaire auront été nécessaires pour arriver à cette solution de reprise par 28 salariés.




Chiffre d'affaires en berne et succession de dirigeants

Créée en 1963, SIC est restée une société familiale jusqu'au décès de son dirigeant en 2000. La famille cède alors l'entreprise à un groupe. En dix ans, le chiffre d'affaires de la société, essentiellement généré grâce au secteur automobile s'effondre, passant de 20 à 12 millions d'euros en 2008. « Le groupe n'avait pas défini de stratégie claire. De plus, sept à huit directions générales se sont succédées en dix ans, fragilisant la structure de la société », regrette Guillaume Ade. Restant sur son seul marché de l'automobile, SIC perd 50 % de son chiffre d'affaires à partir de 2008. Et, si une embellie a lieu entre 2009 et 2012, cette dernière année signe la fin de l'histoire SIC, sur fond de crise automobile et de placement en redressement judiciaire.




La solution coopérative

« L'idée de reprendre l'entreprise est venue naturellement et pour impliquer un maximum de gens, la coopérative s'est révélée une bonne solution », s'enthousiasme le dirigeant. Même si des tensions sont apparues au début de l'aventure, le projet a réussi à fédérer les salariés : « Lorsqu'on est entré dans le concret, il y a eu une phase difficile mais l'objectif du projet était fort et les salariés ont un lien d'attachement avec l'entreprise : c'est l'élément déclencheur », affirme-t-il. Le projet d'une Scop est retenu, suite à une rencontre avec l'Union régionale des Scop de Haute-Normandie avec laquelle les salariés élaborent un plan économique viable. Un capital de départ est constitué pour lequel chaque salarié verse un mois de salaire brut, auquel la Région Haute-Normandie a apporté sa contribution en doublant l'apport initial, pour un total de 157.000 euros. Pour la suite, la nouvelle société souhaite se focaliser sur l'assemblage de produits : « En créant des postes plus productifs pour favoriser les effets de séries. Nous travaillons à la commande et en sur-mesure, nous n'avons pas de stock. Notre coeur de métier c'est de fournir des solutions d'aménagement complètes aux clients », précise Guillaume Ade. Avec pour objectif premier de pérenniser l'entreprise, les salariés ne souhaitent pas, pour l'instant, développer de nouveaux produits : « Notre cible marché reste la même mais tournée vers tous les secteurs industriels, notamment l'aéronautique. Pour cela, toute une démarche commerciale est à remettre en route ».



S.C

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