Charente-Maritime
Selenium Medical veut verdir le nettoyage des dispositifs médicaux
Charente-Maritime # Chimie # Innovation

Selenium Medical veut verdir le nettoyage des dispositifs médicaux

S'abonner

Pour conforter son récent virage stratégique, le sous-traitant pour l’industrie médicale Selenium Medical investit dans une technologie de nettoyage innovante pour sa filière : le CO2 supercritique. L'entreprise mise sur les nombreux avantages du procédé pour attirer de nouveaux clients soucieux de leur empreinte environnementale et poursuit ses investissements pour réduire la sienne.

La PME rochelaise Selenium Medical est spécialisée dans les emballages stériles et les procédés de nettoyages pour les dispositifs médicaux — Photo : Selenium Medical

Il n’y a pas de recette miracle, mais le groupe rochelais de sous-traitance pour l’industrie médicale Selenium Medical (une centaine de personnes pour 9 M€ de CA) semble miser gros sur le dioxyde de carbone supercritique. Opérant pour les fabricants de dispositifs médicaux, ce spécialiste des traitements de surface (sur des implants et instruments orthopédiques principalement), de l’injection plastique/assemblage et du conditionnement stérile, né en 2009, poursuit un virage réalisé suite à la crise sanitaire.

Une nécessaire diversification

"À notre création, nous avions un focus sur l’orthopédie et le dentaire. Au moment de la crise, nous avons perdu 65 à 70 % de notre activité. Nous avons donc voulu être moins dépendants de cette chirurgie de confort et élargir notre champ d’action à d’autres secteurs", raconte Damien Uijttewaal, directeur général de Selenium Medical depuis 2022.

La robotique, la chirurgie des tissus mous ou l’endoscopie ont vite été ciblées. Des secteurs où l’innovation se tourne de plus en plus vers "des implants utilisant des matériaux sensibles à l’eau, comme de petits composants électroniques ou des structures à géométrie complexe plus difficiles à nettoyer, et des agents lessiviels (détergents)".

Touché par la crise sanitaire, Selenium Medical a élargi sa cible de clients aux domaines de la robotique, de la chirurgie des tissus mous et de l’endoscopie — Photo : Selenium Medical

Un nettoyage de précision

Selenium Medical travaille surtout à façon mais développe aussi ses propres produits essentiellement vers l’export — le groupe a une filiale aux États-Unis — et mise de plus en plus sur les services d’ingénierie et de consulting, en co-développement avec ses clients.

C’est dans cette branche servicielle, poursuivant son virage, qu’e l’entreprise a choisi d’investir 1,7 million d’euros — abondés par des prêts bancaires, le soutien de la BPI et une subvention régionale de près de 220 000 euros — depuis deux ans et demi pour développer une ligne de nettoyage spécifique de dispositifs médicaux.

Elle utilise le CO2 supercritique, un état fluide du dioxyde de carbone obtenu dans des conditions précises — au-dessus de 31 degrés et avec une pression dépassant les 73,8 bars — lui permettant "d’avoir un taux de pénétration élevé dans des produits denses ou des géométries complexes. À l’état liquide, il a un fort pouvoir nettoyant", précise Damien Uijttewaal.

"Avec notre positionnement de sous-traitant, notre objectif est de pouvoir lever les verrous encore existants pour pouvoir proposer cette technologie au plus grand nombre de fabricants."

"Lever les verrous"

Le procédé, qui s’est fortement développé dans les années 80, était notamment utilisé dans la décontamination de combinaisons spatiales, le nucléaire ou l’extraction de caféine, d’huiles essentielles ou, plus récemment, dans le retraitement des mégots de cigarettes.

"Il commence à être utilisé dans la décontamination de dispositifs médicaux mais pour des applications de niche ou des fabricants qui en sont déjà équipés. Avec notre positionnement de sous-traitant, notre objectif est de lever les verrous encore existants pour pouvoir proposer cette technologie au plus grand nombre de fabricants".

Pour démocratiser son usage, Selenium mise sur ses nombreux atouts, notamment environnementaux. "D’abord, le processus de nettoyage n’utilise pas d’eau, ni de produits chimiques. Il a un fort taux de biocompatibilité (il n’irrite pas les tissus) et ne laisse pas de résidu", liste le dirigeant. Enfin, avec le processus mis au point par Selenium, le CO2 injecté a un fort taux de récupération. "90 % du CO2 injecté peut être recondensé et réutilisé".

Le démonstrateur du projet de ligne de nettoyage de CO2 Supercritique utilisé pour réaliser des pré-études de faisabilité — Photo : Selenium Medical

Développer les services

Si le nom du ou des fournisseurs de ce CO2 est encore incertain, Air Liquide fait partie des candidats potentiels. La ligne industrielle, espérée avant la fin de l’été 2026, est composée d’une unité de traitement capable d’alimenter plusieurs terminaux, assurant à la société des coûts maîtrisés en cas d’augmentation des capacités de production. Selenium espère commercialiser cette prestation avant la fin de l’année 2026.

Avec elle, la PME entend apporter une solution environnementale aux fabricants. Cette nouvelle brique vient s’ajouter à son offre globale et aux autres activités "à façon" de ses branches existantes. "Notre croissance dans le serviciel est rapide, on compte sur cette ligne pour capter de nouveaux clients. Les demandes s’accélèrent déjà alors qu’on n’a même pas encore la machine".

"Notre croissance dans le serviciel est rapide, on compte sur cette ligne pour capter de nouveaux clients."

Réduire l’empreinte énergétique

Pour anticiper une montée en cadence qui devrait lui permettre d’embaucher "huit personnes a minima en emplois directs " un an après la mise en service, Selenium s’est doté d’un démonstrateur à échelle réduite de la machine pour "faire des essais dès septembre".

Cet investissement est l’une des mesures prises par le groupe pour réduire l’empreinte environnementale globale de ses activités. En pleine démarche d’obtention du label Ecovadis, Selenium continue d’investir pour optimiser les centrales de traitement de l’air de ses salles blanches, responsables de plus de 80 % de la consommation électrique du groupe. "On a déjà réussi à la baisser d’environ 18 %. Nous entamons une deuxième phase d’optimisation de ces infrastructures", termine le dirigeant.

Charente-Maritime # Chimie # Santé # Medtech # Services # Innovation # RSE # PME
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise SELENIUM MEDICAL