Éric Tabarly, Édouard Michelin, deux noms de personnalités dont la disparition en mer a ému le public. Mais chaque année, plus anonymement, des dizaines d'accidents se produisent en mer. Plongeur professionnel, Stéphane Léal a lui-même été témoin de drames. «J'ai cherché s'il existait un matériel de prévention, raconte-t-il, mais je n'ai rien trouvé. Avec un ami ingénieur, j'ai commencé à réfléchir à une balise ergonomique fixée sur le gilet de sauvetage et reliée à une antenne et une console placées sur le bateau.»
Trophées et brevet
Soutenu par l'incubateur Créalys, le projet suscite l'intérêt. En 2006, il est lauréat du concours national de l'innovation du ministère de la Recherche. «J'ai reçu une première subvention qui m'a permis de fonder la société Seareka en 2007 et d'affiner encore la technologie», poursuit Stéphane Léal Le système, baptisé Divansi Mob (pour "men over board" ou "homme à la mer") et qui s'appuie sur une technologie radio, est breveté. «Cela nous a coûté 80.000€, mais ce brevet atteste de notre capacité à innover. Cela a été un formidable levier pour bénéficier de prêts d'honneur.» Dès lors, les choses s'enchaînent: début 2010, l'entreprise reçoit le label Novacité de la CCI de Lyon, est récompensée par le trophée Cap'Tronic et est lauréate du réseau Entreprendre.
Phase de tests
En 2010, le dispositif Divansi Mob est retenu par l'Institut maritime de protection pour être testé dans les ports de Boulogne-sur-Mer et Paimpol. «Nous avons fabriqué des balises et consoles prototypes pour équiper 75 bateaux de pêche et navettes de la Société nationale de sauvetage en mer, soit 400 marins, précise Stéphane Léal. Ces tests nous ont permis d'améliorer encore le produit.» Le matériel devrait être définitivement homologué à la rentrée. La fabrication pourra alors commencer. «Je travaille avec huit sous-traitants, trois plasturgistes notamment, tous situés dans la région lyonnaise. L'assembleur est installé à Montagny.» Le créateur se prépare à recruter deux commerciaux et escompte vendre dès la fin de l'année 2011 400 kits, soit 1.200 balises. «J'ai investi plus de 500.000€ en R&D, calcule-t-il. J'attends maintenant un premier retour financier avant de me lancer dans le développement d'une nouvelle balise spécifique pour les plongeurs.»
Seareka
(Montagny) Chiffres d'affaires 2010: 210.000euros 3 personnes www.seareka.com