Pour permettre l'émergence de nouvelles idées et offrir l'opportunité à des chercheurs et doctorants de développer leur projet, la SATT Sud-Est (47 salariés), créée en 2012 et présidée par Laurent Baly, a organisé la première édition de "My Innovation is...", en partenariat avec Capital & Innovation ? Crédit Agricole et Ioda Consulting. Dix chercheurs et doctorants ont joué le jeu et présenté leur projet innovant face à un jury composé d'entrepreneurs (Bertrand Bigay de P. Factory, Claude Schoonheere du Réseau Entreprendre, Laurent Laik, du groupe La Varappe, Laurent Baly et Yann Lhuissier du Crédit Agricole) sur le thème du « Mieux vivre ». Trois chercheurs ont donc été sélectionnées. Ils vont ainsi maintenant pouvoir profiter d'accompagnement et de financements. Gilles Maignant porte un projet qui vise à maximiser le capital santé de l'utilisateur tout au long de ses déplacements, en minimisant les contraintes environnementales et en tenant compte de sa vulnérabilité et de ses centres d'intérêt. « J ai ainsi créer un projet d'application pour smartphone qui permettrait d'optimiser ses déplacements en fonction de sa santé et de ses vulnérabilités ». Chercheur depuis 2003, Gilles Magnant a aujourd'hui envie de sauter le pas et de créer sa propre entreprise.
Détecter les projets très en amont
Mathieu Lecocq, qui est encore en train de finir sa thèse, a proposé de son côté un projet qui a pour but d'améliorer l'acceptabilité d'une prothèse totale du genou, en testant l'efficacité de différents types de prise en charge sur la rééducation fonctionnelle et en évaluant le comportement du matériau. « La plupart des déficits que l'on constate sur l'homme viennent en fait du système nerveux. Il faut faire des études sur les animaux et nous avons mis au point une prothèse de genou parfairement adaptée au rat. A partir de là, il va être possible de mener des expérimentations afin de mesurer les effets sur le système nerveux », confie le chercheur. Enfin, Stephan Guignard, de son côté, a présenté le projet le plus abouti en proposant une hydrolienne qui permet d'améliorer la performance de production d'énergie, tout en respectant l'environnement. Un projet qui peut intéresser les collectivités, les producteurs d'énergie et des entreprises privées pour la production de leur propre énergie. Un dossier que Stéphan Guignard souhaite porter en tant que chef d'entreprise. « L'idée est de participer à la transition énergétique et, cela, je ne pourrais pas le faire en restant dans mon laboratoire ».
14 start-up accompagnées depuis 2012
« A la Satt, notre rôle est avant tout de détecter dans les laboratoires, très en amont donc, les sujets qui pourraient avoir une ouverture marché et donner lieu à un transfert de technologie». Au-delà de cette détection, la structure permet la maturation des dossiers via des financements. Chaque année, 5 millions d'euros sont ainsi investis sur une vingtaine de dossiers. « Enfin, notre mission est d'assurer la protection juridique, économique et technologique des projets ». Sur son territoire, Paca et Corse, la Satt Sud-est couvre 10 000 chercheurs et 200 laboratoires. « J'ai toujours rêvé d'une recherche qui serve la société, de rapprocher le chercheur de sobn environnement sociétal. Chercheurs et dirigeants d'entreprises ont des points communs. Ce sont des passionnés. Même s'il est clair que le rôle du chercheur n'est pas de créer une entreprise. Aujourd'hui, les grandes entreprises ne peuvent plus internaliser leurs services R&D et les externalisent ». Quatorze start-up ont été créées via la Satt sud est depuis 2012. Après ce premier essai, le concours "My Innovation is..." va être reconduit. « L'an prochain nous lancerons un véritable appel à projets. Cette année, nous souhaitions susciter l'intérêt. Nous pourrions même aller jusqu'à imaginer plusieurs cessions par an », conclut Laurent Baly.