Santé au travail : 1 M€ débloqué
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Santé au travail : 1 M€ débloqué

TMS Le préfet de Région a annoncé le déblocage d'un fonds d'un million d'euros pour les investissements qui amélioreraient les conditions de travail.

Un million d'euros. C'est le montant de l'enveloppe allouée aux investissements d'amélioration des conditions de travail que vient d'annoncer Michel Cadot, préfet de Région. Première cause des maladies professionnelles, en augmentation de 18% par an en France, les troubles musculo-squelettiques constituent le cheval de bataille d'un groupe d'industriels bretons réunis en colloque à Ploërmel. Soutenu par les élus et les services de l'État.




Une Bretagne deux fois plus touchée

La Bretagne est touchée deux fois plus que les autres régions de France.Sa forte densité d'industries agroalimentaires l'implique au premier chef. «Les métiers de l'abattage et du travail de la viande ont un indice 13 à 15% supérieur à la moyenne nationale», annonce Xavier Bertrand, ministre du Travail. Les troubles musculo-squelettiques entraînent un effet bloquant du développement des industries agroalimentaires, de leur réputation et de leur recrutement. Il est donc urgent d'agir. «Nous avons passé dix ans à indemniser au lieu de prévenir», se désole Jean-Denis Combrexelle, directeur général du Travail au cabinet du ministre.




Territoires d'expérimentation

Depuis 18 mois, une expérimentation est en place sur les bassins de Ploërmel, Loudéac, Pontivy et Vitré. Une action qui regroupe les médecins du territoire: médecins traitants, de la Carsat, du travail ou de l'entreprise. «Nous avons mobilisé les médecins traitants sur ce sujet pour les sensibiliser sur le dépistage des troubles musculo-squelettiques», explique Mohamed Azgag, directeur de la CPAM du Morbihan. Première étape, un questionnaire identifiant les sources de pénibilité et une fiche de liaison entre médecin traitant et médecin du travail. Déjà, les retours sont très bons. «Les salariés se livrent plus facilement à leur médecin traitant qu'au médecin du travail», complète Mohamed Azgag.




Un label responsable

D'autres industriels n'ont pas attendu ce colloque pour agir. Laurent Girard, directeur de Gad à Josselin, a observé une réelle amélioration en dix ans depuis la mise en place d'une politique en faveur de l'amélioration des conditions de travail. De 169 maladies professionnelles en 2001, Gad n'en enregistrait plus que 28 l'an dernier. Les accidents de travail ont diminué de 57%. Malgré tout, ces résultats ne satisfont pas le directeur. «Les outils d'hier ne sont pas ceux d'aujourd'hui, ni ceux de demain. Il faut remettre l'homme au coeur de l'entreprise», assure Laurent Girard, qui reconnaît que la pression et le stress s'ajoutent aux cadences, aux horaires décalés, au froid, aux ports de charges et aux postures contraignantes. Misant sur la relation humaine, Gad aura formé ses 180 managers à l'écoute des collaborateurs d'ici à fin 2012.

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