Le nouveau bâtiment des vaches laitières de la ferme expérimentale de Sanders à Sourches augmente très sensiblement sa puissance de recherche. Conçu pour héberger 140 vaches laitières ; le centre en accueille pour l'instant un peu plus de 80, mais va développer son troupeau. Ce bâtiment a tout d'abord été conçu pour être le plus proche possible de conditions « normales » d'une exploitation moderne de cette dimension. Par exemple, deux robots de traite et des logettes avec matelas mais aussi des rideaux qui assurent l'aération sur toute la longueur du bâtiment ou bien encore un système innovant et un gain de temps pour la distribution des fourrages. Ce dernier consiste en trois tables d'affouragement qui acheminent automatiquement les fourrages vers la mélangeuse et un convoyeur sur pesons. Le fourrage est distribué par wagon lui aussi totalement automatisé dans le bâtiment. « Notre objectif est que les résultats de la R & D soient le plus rapidement possible transférables sur le terrain. C'est pour cela que l'investissement atteint 8.700 euros par place pour la partie élevage, dans la fourchette d'un investissement d'une exploitation même si c'est le haut de cette fourchette », valide Bertrand Renouf, le directeur de la station de recherche.
20.000 données par essai
Ce montant de 1,7 million d'euros doit toutefois être doublé pour atteindre un total de 3 millions d'euros, intégrant les investissements spécifiques à l'expérimentation comme les 80 auges sur pesons et tous les moyens de collecte et analyse des données, sans oublier les espaces et les aménagements dédiés aux visites (salle panoramique, passages à pieds secs vers les robots, largeur des couloirs...). La dimension vitrine est en effet particulièrement importante pour cette exploitation de 214 hectares, notamment pour les clients étrangers, afin de valider la capacité du groupe à proposer des solutions innovantes. L'installation complète peut fournir plus de 20.000 données par essai sur la quantité et la qualité du lait, le poids, l'état d'engraissement, la fertilité, l'état de santé et le comportement des animaux. Les auges sur peson permettront notamment d'acquérir des données nombreuses sur le comportement des animaux : non seulement leur consommation, mais les heures de prise alimentaire, les durées et les fréquences d'ingestion... Avec plus d'un million de litres de lait produit par an, l'exploitation laitière finance une partie de ces investissements.
Yanne Boloh
Agroalimentaire La filiale nutrition animale du groupe Avril, vient d'investir 3 millions d'euros dans sa ferme expérimentale de Sourches, plus précisément dans son nouveau bâtiment dédié à la recherche pour les vaches laitières.