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Sanders poursuit ses investissements pour l’agriculture de demain
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Sanders poursuit ses investissements pour l’agriculture de demain

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Fabricant d’aliments pour l’élevage, la filiale du groupe Avril poursuit ses investissements au service de sa croissance mais aussi de celle de ses clients agriculteurs. Après avoir investi dans l’un de ses sites finistériens, Sanders élargit son périmètre avec un rachat en Vendée. En parallèle, pour soutenir la filière, elle lance un troisième plan d’aide aux exploitants agricoles, doté de 4 millions d’euros.

Une partie de l’équipe dirigeante de Sanders : Jean-Côme Lagrée (directeur zone Sanders Ouest), Loïc Gandubert (directeur supply chain), Philippe Manry (DG) et Sophie Thouénon (directrice RSE) — Photo : Virginie Monvoisin

Filiale du groupe Avril basée à Bruz (Ille-et-Vilaine), Sanders a réalisé en juillet une nouvelle opération de croissance externe. Ce spécialiste de la nutrition pour les animaux d’élevage, qui emploie 1 150 salariés et réalise 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires, a conclu le rachat des activités nutrition animale de Soufflet Agriculture (groupe InVivo). La structure dispose d’un site de production en Vendée, à Talmont-Saint-Hilaire, avec vingt collaborateurs, dont 13 en force commerciale.

L’usine Soufflet Agriculture en Vendée, récemment rachetée par Sanders — Photo : Sanders

Une usine de plus pour Sanders

Plus précisément, cette partie de Soufflet Agriculture rejoint la "business unit" Sanders Ouest, dirigée par Jean-Côme Lagrée et qui s’étend selon un croissant allant de Paris à Rouen et de la Normandie à la Vendée (hors Bretagne).

L’usine a une capacité de production annuelle de 70 000 tonnes de mash (aliments pour ruminant sous forme d’assemblage de matières premières et de produits semi-finis non broyés), engendrant 30 millions d’euros de chiffre d’affaires. "Nous sommes partenaires de Soufflet Agriculture depuis très longtemps, et ce rachat s’inscrit dans la continuité de cette relation. Il permet à Sanders de consolider sa présence sur la zone ouest, notamment sur le segment bovin viande, et agrandit sa force commerciale", souligne Philippe Manry, directeur général de Sanders.

Une nouvelle marque d’aliments

Pour concrétiser cette intégration du savoir-faire de Soufflet Agriculture chez Sanders, les équipes des deux entités ont déjà développé une offre nouvelle d’aliments sur-mesure, la spécificité de Soufflet Agriculture. Elle a été lancée cet été sous la marque Nuoo, pour "Nutrition Originale et Optimisée". "D’autres synergies et des investissements industriels sont à l’étude", se réjouit déjà pour sa part Jean-Côme Lagrée.

Avec cette implantation vendéenne, Sanders gagne un site industriel, et dispose désormais 29 usines en France. Il compte également sept usines concessionnaires, dont trois ont rejoint Sanders en 2023 dans l’Est (par le rachat d’une partie des activités de la PME familiale Moulin de Sarralbe employant 44 salariés et générant 13 M€ de CA). Ce sont 25 000 tonnes d’aliments supplémentaires produits par an pour Sanders, qui assure la fabrication de 3,4 millions de tonnes au total.

Deux millions d’euros investis dans le Finistère

Sur l’ensemble de ces sites de production, huit se situent en Bretagne, à Guingamp, Saint-Gérand, Hennebont, Montauban-de-Bretagne, Châteaubourg, Étrelles, Vern-sur-Seiche et Saint-Thégonnec. Ce dernier a, pour sa part, fait l’objet d’un important investissement cette année. Sanders a investi 2 millions d’euros dans cette usine finistérienne qui produit, elle, 220 000 tonnes d’aliments par an et représente plus de 20 % de la production d’aliment dans le département. Sanders veut ainsi montrer sa volonté de pérenniser ce site majeur en Bretagne. Elle y investit pour l’avenir, dans l’objectif de diminuer de 2 % minimum par an ses consommations énergétiques. Concrètement, Sanders optimise la combinaison des postes de dosage et mélange. Et gagne en efficacité avec le remplacement de la chaudière associée au poste de granulation. Le site a déjà réduit de 20 % les pertes de matières premières tout au long du process de fabrication.

Industriel engagé dans la décarbonation de l’élevage

Sanders se montre comme un acteur industriel engagé pour la décarbonation de la production des aliments pour animaux d’élevage. "Au travers de ces investissements, nous souhaitons envoyer un signal clair à nos clients et partenaires : Sanders se donne les moyens et prend sa part de responsabilité pour accompagner la transition vers des élevages plus durables et plus rentables. Pour la pérennité des filières d’élevage, tous les maillons doivent agir et se moderniser ", estime Dominique Breton, directeur de Sanders Bretagne.

"Nous avons déjà accompagné 1 800 éleveurs sur des projets d’installation et de modernisation, à hauteur de 6 000 euros en moyenne par ferme"

Depuis avril dernier, l’entreprise affiche également l’empreinte carbone des aliments pour ruminant en vrac sur ses étiquettes. De quoi répondre aux engagements réglementaires européens visant à réduire de 30 % les émissions de méthane d’ici 2030. Pour Sophie Thouénon, directrice Bio et RSE, "cette démarche témoigne de notre transparence et de notre engagement à fournir des solutions qui réduisent l’impact environnemental tout en optimisant la performance agricole."

Quatre millions d’euros pour un nouveau plan d’aide aux éleveurs

L’entreprise va même encore plus loin. Elle lance cette année un troisième plan d’aide financière aux éleveurs. Initiée il y a deux ans, la démarche intitulée "Voir plus loin pour l’élevage de demain" consiste à attribuer des aides aux agriculteurs pour deux types de projets : transmission, création ou reprise d’élevage, et modernisation ou décarbonation des exploitations. Après avoir investi deux fois six millions d’euros, une enveloppe de quatre millions d’euros est prévue cette année. "Cela représente donc 16 millions d’euros sur trois ans, résume Philippe Manry. Lors des deux premiers plans, nous avons accompagné 334 projets d’installation et 1 474 projets de modernisation, soit 1 800 éleveurs aidés, avec 6 000 euros en moyenne par ferme".

Philippe Manry, DG de Sanders — Photo : Sanders

Si Sanders investi ainsi dans la filière (ce qui représente environ 35 % de ses investissements totaux), c’est pour "réaffirmer sa vision pour des filières françaises d’élevage fortes et entreprenantes, qui contribuent à la souveraineté alimentaire du pays".

Croître malgré la baisse du nombre d’exploitations

Car pour croître à une époque où le nombre d’exploitations agricoles tend à se réduire, Sanders a redéfini en 2023 un nouveau plan stratégique ambitieux. Il vise à accompagner encore plus en profondeur les éleveurs et leurs exploitations. Celui-ci est d’ailleurs évoqué jusque dans sa nouvelle signature de marque, "Mettre demain dans vos mains". "Nous ne pouvons pas raisonner à court terme, explique Philippe Manry. Nous nous projetons sur l’élevage de demain. Nous ne sommes pas là uniquement pour vendre des aliments, mais pour apporter des solutions à nos 26 000 clients éleveurs. Notre but est d’avoir encore des exploitations demain, plus durables et plus rentables. S’il n’y a plus d’éleveurs, nous n’existons pas. En dix ans, la France a déjà perdu 100 000 élevages, il n’y a plus que 400 000 exploitations. Cela interpelle". Les agriculteurs ont jusqu’à fin 2024 pour postuler à ce plan d’aide. "Nous accompagnons les projets viables et durables", précise le directeur général.

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