Sanden : Un investissement majeur à Rennes
# Industrie # Investissement

Sanden : Un investissement majeur à Rennes

ÉNERGIE Le fabricant de systèmes de climatisation pour l'automobile prend un virage décisif en créant Sanden Environmental Solutions, à Rennes. Olivier Campy, son président, revient sur les enjeux de la création de cette succursale sous l'autorité de l'Angleterre.

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ous avez annoncé, le 24 septembre, la création à Rennes de Sanden Environmental Solutions, en quoi consiste cette nouvelle entité ? Nous avons décidé d'établir à Rennes un centre de décision, une nouvelle succursale commerciale rattachée depuis le 15 juillet à Sanden International Europe Ltd. basée en Angleterre (au sud-ouest de Londres), au sein du groupe Sanden Corporation, au Japon. À partir de 2011, nous avons commencé à nous diversifier dans les pompes à chaleur. Le groupe Sanden intervient dans tout ce qui est chaud et froid, avec un axe fort de développement sur les technologies environnementales, et en particulier sur l'utilisation du CO2 en tant que réfrigérant. Cette brique technologique a lancé nos activités de diversification à Tinténiac. Aujourd'hui, nous estimons avoir passé un cap pour lequel il faut s'organiser.

Comment se traduit cette nouvelle organisation à Rennes ?
Rennes est notre centre de décision pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Non seulement, nous allons venir développer ce marché des pompes à chaleur au niveau de l'habitat et des secteurs professionnel, tertiaires et autres, mais nous souhaitons également élargir notre offre à d'autres secteurs et applications...

Par exemple ?
La première ambition est de déployer massivement cette technologie, en s'appuyant sur une production à Tinténiac et en se renforçant dans le confort thermique pour l'habitat et le secteur professionnel fort consommateur d'eau chaude, associée ou non à une fonction de chauffage : l'élevage, l'hôtellerie-restauration, les salons de coiffure... Notre deuxième axe de travail est d'entrer dans la réfrigération commerciale pour la grande distribution : tous les linéaires de froid positif et négatif. Nous souhaitons étendre cette technologie CO2 sur ce territoire. Un secteur mature qui utilise aujourd'hui principalement des gaz fluorés, qui ont tendance à être sortis par la réglementation. Notre rôle est de faire adopter ce gaz réfrigérant.

Qu'apporte cette technologie CO2 pour vos ambitions ?
Le CO2 a beaucoup d'avantages : il n'a pas d'impact sur le réchauffement climatique et la couche d'ozone, il n'est ni toxique ni inflammable... Aujourd'hui, 3.000 magasins sont déjà équipés en Europe, sachant qu'il s'agit plutôt de supermarchés et d'hypermarchés. Nous nous positionnerons plutôt sur une tendance forte : la distribution de proximité au petit format, comme les Carrefour City, Carrefour Market, Huit à Huit et autres. Cela représente plusieurs centaines de magasins. Il y a un besoin et peu d'offres sur ces capacités de réfrigération, sous forme de modules de type armoires et vitrines réfrigérées ou sous forme de systèmes complets de type groupes froid logés. Le CO2 est une opportunité pour Sanden, pas présent en Europe sur cette technologie maîtrisée par Sanden au Japon, un des leaders du marché.

En termes humains, quelle organisation prévoyez-vous pour cette nouvelle entité ? J'en suis le président. J'ai donc démissionné de Sanden Manufacturing Europe à Tinténiac, où mon prédécesseur Tetsuo Shimizu (2010-2012) me remplace désormais. Je lance cette nouvelle activité que nous devons structurer et sur laquelle nous fondons beaucoup d'espoirs. Pour l'instant, notre équipe est constituée de sept personnes, mais nous avons des recrutements en cours pour les ventes, le marketing, la planification... Nous aurons 15 salariés en 2015 et une vingtaine sur trois ans.

Le choix de Rennes était-il concurrencé par vos deux autres usines en Europe, basées en Pologne et en Italie ?

Non, pas du tout. La question ne s'est pas posée. Nous sommes sur des produits techniques et la proximité forte avec notre centre technique de Tinténiac facilite beaucoup ce type de développement. L'objet était de ramener de nouveaux moteurs de croissance à Tinténiac. Cette décision montre aussi la teneur des relations entre la Bretagne et le groupe japonais Sanden.

Quelles sont justement vos perspectives de business ? Nous avons un objectif : développer ce marché sous cinq ans pour atteindre 150 millions d'euros. D'une manière générale, notre ambition d'ici à 2018 est de diversifier ces applications d'économie d'énergie, pour tout industriel qui a à gérer des problématiques thermiques : le froid industriel, la chaîne du froid alimentaire, pourquoi pas l'électroménager... Nous avons identifié beaucoup de secteurs potentiels.

Vous nous aviez indiqué l'an passé viser 10 % de votre activité hors automobile, où en êtes-vous à ce jour ?

Aujourd'hui, nous sommes plutôt à 5 %, mais cette part va grandir grâce à ces développements de marchés. C'est un axe stratégique du groupe et j'ai en charge de coordonner, au plan mondial, cette stratégie au niveau marketing sur ces technologies.

Sanden MANUFACTURING EUROPE
(Tinténiac) 825 salariés CA : 214 M€ (groupe : 2 Md€) 02 99 45 58 56 www.sanden-europe.fr

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