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Saint-Nazaire- Pourquoi le groupe de logistique Idéa investit dans les nouvelles technologies
Saint-Nazaire # Logistique # Investissement

Saint-Nazaire- Pourquoi le groupe de logistique Idéa investit dans les nouvelles technologies

Après avoir investi pendant plusieurs décennies dans des équipements lourds, le logisticien Idéa se tourne aujourd’hui vers les nouvelles technologies. La troisième révolution industrielle et agricole est passée par là. Bruno Hug de Larauze, dirigeant d’Idéa, explique comment il met son entreprise en ordre de marche pour affronter les mutations majeures de l’économie.

Bruno Hug de Larauze, vous dirigez le groupe Idéa, un prestataire de logistique industrielle, basé près de saint-Nazaire, qui emploie 1.050 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 100¬millions d’euros. Comment préparez-vous l’avenir de votre entreprise ?


Il faut tout d’abord comprendre d’où nous venons. En 1998, quand je suis arrivé à Saint-Nazaire, Idéa était une scop portuaire employant 80 personnes. Trois clients représentaient 99 % du chiffre d’affaires. Une situation intenable ! Nous avons alors mené une stratégie de co-investissement dans une logique de partenariat de long terme avec nos clients. Par exemple, nous avons pris en charge une cabine de peinture pour Man, nous avons fait de la découpe à façon pour le compte de Stelia. Nous avons acheté un parc acier de 17¬hectares pour stocker des pièces aéronautiques…
Nous avons ainsi développé des services logistiques pour permettre à nos clients de gagner en réactivité et en compétitivité en se concentrant sur leurs cœurs de métier industriels. Dans cette logique, nous avons investi lourdement et nous sommes diversifiés dans le domaine des emballages, de l’ordonnancement, de la gestion du fret ferroviaire,¬etc. Cette diversification, qui s’est accélérée au cours des vingt dernières années, nous a conduits à déployer de nouveaux savoir-faire en interne et à mener une démarche d’innovation pour faire mieux et à moindres coûts.


Les mutations actuelles de l’industrie modifient-elles la donne ?


Bien sûr. Nous travaillons sur la troisième révolution industrielle et agricole (TRIA) et sur la façon dont Idéa peut en être un moteur actif. Nous avons ainsi identifié un certain nombre de ruptures technologiques qui impacteront la quasi-totalité de notre business : l’impression 3 D, le big data, les objets connectés, les villes intelligentes, les énergies renouvelables, le stockage de l’énergie, l’écomobilité,¬ etc. Sans oublier d’envisager le tout dans le cadre d’une économie mondiale qui devient une économie de fonctionnalités. Dans ce contexte, la question est de savoir comment co-concevoir avec nos clients, fournisseurs, partenaires, centres de recherche, etc., les futurs produits et services qui apporteront une réponse pertinente et ciblée aux besoins de nos clients. Nous réfléchissons donc à la création de nouveaux business model au sein du groupe dans le respect de nos valeurs que sont l’engagement, le respect, l’équité, la RSE. L’objectif est de créer de la valeur sur nos prestations. Nous avons mis tout le groupe en mutation pour réfléchir à cela.


Comment menez-vous cette réflexion ?


Pour mieux réfléchir, nous nous inspirons d’un certain nombre d’écrits et de méthodes. Par exemple, les managers d’Idéa ont lu le livre de Jeremy Rifkin sur la troisième révolution industrielle. Avec les membres du Codir, nous sommes également allés dans la Silicon Valley pour confronter notre vision à celle des start-up. Nous nous inspirons également des méthodes de l’innovation frugale et du « design thinking ». Nous partons d’une approche collaborative pour favoriser l’innovation venant de la base en revendiquant le droit à l’erreur. Par exemple, nous aimons beaucoup prototyper. Nous développons des prototypes dont nous validons la pertinence auprès du client. Nous avons également créé dans nos locaux Open Idéa, un espace de créativité. Tous les membres du Codir ont été formés au Fab Lab. Nous avons organisé un challenge de l’innovation, etc.


Concrètement quelles innovations avez-vous introduites dans l’entreprise ?


Nous avons investi 2,5 millions d’euros pour déployer la digitalisation au sein du groupe : CRM, dématérialisation des process, etc. La stratégie globale est de développer la compétitivité de la supply chain grâce aux nouvelles technologies. En voici quelques exemples. Nous équipons nos camions de Gopro. Nous mettons à la disposition de nos salariés des lunettes munies de caméras qui leur permettent de réaliser eux-mêmes des tutoriels à l’attention des intérimaires en se filmant. Nous allons implanter dans l’entreprise des bornes interactives, baptisées « Bornes to be alive ».
Nous travaillons, par ailleurs, avec sept start-up, dont l’une est américaine. Nous testons ainsi chez Airbus une application web et smartphone conçue par la société nantaise Joul qui permet d’optimiser la livraison du dernier kilomètre grâce au partage des positions géolocalisées du transporteur et du client. Nous étudions la surveillance des bâtiments immobiliers par des drones. Nous sommes en veille permanente.


Vous investissez également dans les énergies renouvelables ?


Oui. Nous avons investi 10 millions d’euros pour équiper notre parc immobilier de 9.000 m² de panneaux photovoltaïques pour produire de l’énergie. Nous sommes le premier site classé Seveso à le faire.
Dans le même esprit, nous développons une société d’investissement qui prend des participations dans des sociétés dont l’activité est en cohérence avec la TRIA. Nous sommes ainsi devenus co-actionnaires, aux côtés du groupe Cetih, de la société Systovi qui fabrique des systèmes de couvertures photovoltaïques intégrées aux bâtiments. Il s’agit là d’une innovation disruptive au cœur de la révolution industrielle.

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