L'histoire réserve parfois de beaux clins d'oeil. Début 70, une équipe de pionniers malouins - des commerçants indépendants - se lance dans la construction du premier centre commercial en périphérie de la ville. La Découverte est née. Qui trouve-t-on parmi ces aventuriers? Georges Bessec et René Beaumanoir. Quarante ans plus tard, face au même centre commercial, c'est désormais un nouveau quartier qui va se dessiner. Avec notamment la construction annoncée d'un cinéma de six salles sur le site occupé jusqu'à la fin de l'année par la société Seifel (nos éditions précédentes). Et qui trouve-t-on cette fois-ci parmi les porteurs de projet? Philippe Bessec et Roland Beaumanoir, fils des premiers cités et aujourd'hui chefs d'entreprise accomplis de la région malouine. Le premier a la tête de commerces dans la chaussure, le second d'un empire du textile. Deux hommes qui ont peut-être fait encore plus fort que leurs géniteurs mais - modestie malouine oblige - sont plein d'admiration pour ce que leurs aînés ont fait il y a quarante ans.
«C'était une révolution!»
«C'est une équipe de pionniers qui a pris ses responsabilités de commerçants indépendants face à la grande distribution. C'était une révolution!», n'hésite pas à commenter Philippe Bessec. «On ne peut être que totalement admiratifs.» «Au moment où ça s'est constitué, il fallait un certain courage, nous confie Roland Beaumanoir. Il y avait beaucoup de monde au départ à vouloir y aller, très peu à l'arrivée. Et c'est vrai que les pères Bessec, Beaumanoir et Porteu de la Morandière ne se sont pas faits que des amis. C'était un pari tellement hasardeux.» Qu'ils le reconnaissent ou non, les deux entrepreneurs, amis dans la vie, sont donc désormais sur les traces paternelles à travers la SA La Découverte, présidée par Philippe Bessec et dont le conseil d'administration fait également apparaître la présence de Roland Beaumanoir. La Découverte Expansion? C'est le propriétaire-gestionnaire des galeries marchandes des centres commerciaux La Découverte et de son voisin La Madeleine. Une société partie prenante dans le GEM - groupement d'entrepreneurs malouins - porteur du projet de cinéma. Un équipement qui pourrait sortir de terre d'ici deux à trois ans, avance Philippe Bessec. «C'était une zone industrielle, rappelle ce dernier. Or, cette vocation industrielle est en train de disparaître. La volonté de la Ville étant d'y inscrire une ambiance urbaine.C'est transformer l'avenue du Général de Gaulle - et ses 30.000 véhicules jour. De boulevard périphérique, elle doit devenir un boulevard urbain.» Et Philippe Bessec de lister ce qui pourrait aussi voir le jour autour de ce cinéma. «On pourrait le compléter avec des activités de loisirs, de bien-être, de restauration, en totale harmonie avec la stratégie urbanistique de la mairie.» Et des logements? «On étudie le marché», répond le dirigeant.
400.000 spectateurs par an pour 12 à 13 salles
Aux côtés d'investisseurs comme Serge Raulic (Thermes Marins), Olivier Bonnier (promoteur), Jean-Paul Legendre (BTP) et Alain Parmentier (investisseur, ex-Distribution), l'association Le Vauban est partenaire du projet. C'est elle qui gère déjà le cinéma du même nom. «On participe aux études du nouvel équipement cinématographique, confirme Loïc Frémont, directeur de l'association. Et ce qui est envisagé, c'est que Le Vauban soit gestionnaire.» Avec l'actuel cinéma, les trois salles d'art et essai de la future médiathèque et le projet de La Découverte, la cité corsaire sera alors doté de 12 ou 13 salles. «Ce qui serait normal pour une ville comme Saint-Malo», commente Loïc Frémont. Et de préciser que la fréquentation annuelle de l'ensemble des salles passerait ainsi de 200.000 à près de 400.000 spectateurs d'ici à trois ans.
Projet 40 ans après leurs aînés, Philippe Bessec, Roland Beaumanoir et d'autres poursuivent l'aménagement de la périphérie malouine avec leur projet de cinéma.