Saint-Étienne a changé. Elle n'est plus la ville noire d'autrefois. Aucun doute. Elle a aujourd'hui un Zénith, une Cité du design... Elle est reconnue depuis 2010 Ville Unesco du Design, elle a obtenu des équipements d'excellence comme Manutech, elle héberge en son sein plusieurs entreprises leaders... Pourtant, son image en France et à l'international n'a pas évolué aussi vite que les milieux économiques l'auraient souhaité. Faire venir un cadre de haut niveau à Saint-Étienne reste presque aussi difficile, à moins que celui-ci ne soit supporté des Verts...Pour y remédier, Maurice Vincent a décidé de prendre le taureau par les cornes et de s'attaquer au problème. Il y a près de deux ans, épaulé par l'ensemble des acteurs économiques de l'agglomération, il a donc lancé Saint-Étienne Atelier visionnaire, une marque territoriale se doublant de la mise en place d'ambassadeurs, et s'appuyant notamment sur le renouveau urbain initié par Michel Thiollière (Cité du design, Zenith...). Ils sont aujourd'hui près de 700 Stéphanois, ou ex-Stéphanois dont Louis Laforge ou Bernard Lavilliers, à "vendre" leur ville en France et à l'étranger.
Accélérer le mouvementavec le pôle métropolitain
Maurice Vincent espère atteindre les 1.000 ambassadeurs, à moyen terme. Mais il précise : « Notre démarche d'attractivité ne se résume pas à Atelier visionnaire. Par exemple, le nombre de retours presse positifs sur la dernière biennale du design a été exceptionnel ».Pour développer encore l'attractivité de Saint-Étienne, le maire sortant entend renforcer l'implication de l'agglomération stéphanoise dans le Pôle Métropolitain. « L'outil est encore à améliorer, mais c'est le prélude à un rapprochement plus fort avec Lyon. C'est très positif pour Saint-Étienne », approuve Éric le Jaouen, président du Medef Loire. De son côté, le candidat UMP annonce qu'il poursuivra la démarche attractivité, mais « en travaillant davantage sur le contenu ».
200.000 habitants en 2030 ?
Gaël Perdriau dit ainsi faire plutôt le pari de transformer la ville en elle-même, en s'appuyant sur trois axes forts : l'emploi, la sécurité et la propreté. « De ce travail découlera forcément une nouvelle image de Saint-Étienne. » Selon lui, cette nouvelle image devrait permettre d'inverser, selon la formule à la mode, la courbe du chômage ainsi que celle du nombre d'habitants. Selon les statistiques publiées par l'Inse au 1er janvier 2014, la population de Saint-Étienne s'affiche à 173.256 habitants contre 174.566 au 1er janvier 2013 et 180.773 au 1er janvier 2009. « Si autant de Stéphanois quittent notre ville chaque année, c'est qu'ils ne s'y sentent pas bien », dénonce ainsi Gaël Perdriau. Le candidat prend l'engagement d'afficher 200.000 habitants, à l'horizon 2030.
Poursuivre et accélérer la mutation de l'image de Saint-Étienne, dans un cadre financier serré : voilà un des chantiers majeurs dont devra se saisir le prochain maire.