Soixante-dix participants venus de toute la France et même d'Espagne, 20 idées "pitchées", 12 projets accompagnés par des experts et présentés ensuite devant un jury de professionnels, composé entre autres de représentants de ST Microélectronics et de Seb, 6 projets retenus au final... La première édition stéphanoise de la Start-up Week-end sur les objets intelligents, qui s'est déroulée à la Cité du design les 5, 6 et 7octobre, a connu un franc succès. «C'est un très bon score pour une première surtout avec une thématique aussi fermée que les objets connectés», confirme Jérôme Poiraud, conseil en stratégie d'innovation à Lyon (Lynov) et membre du comité d'organisation de l'événement.
Une chaîne de valeurs...
Si Saint-Étienne a su se rendre attractive le temps d'un week-end, est-elle en mesure d'attirer durablement les jeunes pousses créatives? Peut-elle s'imposer comme une ville de start-up? En volume, Saint-Étienne est encore loin de pouvoir rivaliser avec sa voisine Lyon. Depuis 2010, l'incubateur de l'Université Jean Monnet Use In a donné naissance à 9 entreprises innovantes. «Cinq sont encore dans nos murs et trois autres tapent à la porte», précise Jacques Fayolles, directeur d'Use In. «Au niveau national, 1,7% des jeunes ingénieurs créent leur structure. Pour Télécom Saint-Étienne, cela veut dire que chaque année, un ou deux jeunes diplômés sont susceptibles de créer leur entreprise. Nous sommes dans cette moyenne», se félicite le directeur de Télécom Saint-Étienne. Et d'ajouter: «Si on fait une photo aujourd'hui, on peut faire mieux. Depuis deux ans, on a pris le taureau par les cornes pour mettre en place des outils. Cela commence à mordre. Use In est presque plein. Après il faut un peu de temps pour que les start-up rayonnent. La dynamique n'a que deux ans d'âge.» Depuis deux ans, une nouvelle dynamique s'est effectivement mise en place. À la naissance de l'incubateur Use In est venue s'ajouter la mise en place d'une nouvelle organisation pour accompagner l'entrepreneuriat innovant. «À la dissolution du CEEI en décembre2010, Saint-Étienne Métropole, le Conseil général de la Loire et la CCIT se sont mis d'accord pour ne pas créer une nouvelle structure mais pour repenser le rôle de chacun. Cette réflexion a donné naissance en avril2011 à mon poste», relate Geneviève Sorlin, chargée d'affaires Entrepreneuriat Innovant à Saint-Étienne Métropole. «Concrètement, je m'occupe de l'anté-création et j'accompagne les jeunes entreprises innovantes jusqu'à 18 à 24 mois après leur création. Une fois coconnée, je transmets le dossier à la CCIT qui accompagne l'entreprise sur le développement à l'international et les aspects formation. Le conseil général apporte pour sa part un soutien financier. Bref, nous avons créé une chaîne de valeurs propice au développement des start-up», développe Geneviève Sorlin. Cette chaîne de valeurs s'est matérialisée par la création du programme MIND (Métropole de l'INnovation par le Design): un service d'accompagnement individuel destiné aux pépites de secteurs clefs pour notre territoire comme les procédés avancés de fabrication, le médical, l'optique, le numérique... «Ce programme vise à donner un vernis design à ces start-up», ajoute Geneviève Sorlin.
Et un quartier créatif
Dans cette chaîne de valeurs, le quartier Manufacture Plaine Achille - qui regroupe le Pôle Optique Rhône-Alpes, Télécom Saint-Étienne, le Bâtiment des Hautes Technologies, la Cité du design, depuis peu l'International Rhône-Alpes Média et demain une pépinière d'entreprises créatives de 5.000m², installée dans le bâtiment de l'imprimerie - joue un rôle majeur. Le sénateur maire de Saint-Étienne Maurice Vincent l'a d'ailleurs rappelé dans son discours d'introduction de la Start-up Week-end. «Nous avons la volonté de faire de Manufacture Plaine Achille un campus urbain dédié à la créativité. Saint-Étienne a une grande tradition industrielle, mais il faut aussi savoir se renouveler et favoriser l'émergence de nouvelles activités économiques». Dans cette optique, la construction à horizon 2014 de la Cité des Savoirs et de l'Innovation, dans laquelle viendra s'installer Use In, la Faculté des Sciences de l'UJM, un learning center et un hôtel à projets, devrait venir renforcer les efforts entrepris depuis 2010. «Ce bâtiment a pour vocation d'agréger l'innovation. Il va incontestablement donner une visibilité supplémentaire à cette dynamique», commente Jacques Fayolles. En attendant, les jeunes pousses de notre territoire semblent avoir déjà trouvé un terreau fertile et propice à leur développement. «La présence sur un même lieu du Pôle optique Rhône-Alpes, de Télécom Saint-Étienne et des laboratoires de recherche a pesé dans notre choix de nous implanter à Saint-Étienne. C'est ce triptyque formation, recherche et industrie qui nous permet de nous développer», conclut Sébastien Landon, co-fondateur de Qiova, start-up spécialisée dans le marquage laser et la traçabilité.
Les 5, 6 et 7 octobre, Saint-Etienne accueillait la première Start-up Week-end sur les objets intelligents.
70 participants étaient présents pour l'événement. Attractive le temps d'un week-end, Saint-Etienne est-elle en mesure de devenir une ville de start-up ?