Malheureusement pour eux, ils sont le symbole des difficultés actuellement rencontrées par les restaurants et les hôtels des Côtes-d'Armor.En redressement judiciaire depuis mai 2013, Franck et Nathalie Pichon, propriétaires du restaurant L'Épicerie à Saint-Brieuc, savent que les semaines à venir s'annoncent dures. « Malgré les mesures prises pour remonter la pente, nous glissons doucement vers la liquidation judiciaire. Le tribunal nous a donné un délai supplémentaire pour trouver un acheteur potentiel... mais à quel prix... »
Un restaurant vendu 200.000 euros
Acheté 400.000 euros en février 2010, l'emblématique restaurant de tradition de la place du Chai est à céder pour la moitié de sa valeur : 200.000 euros. « Et encore, c'est le montant le plus élevé que nous espérons en retirer. Cela ne couvrira pas tous nos frais et notre engagement depuis près de quatre ans. Nous limiterons juste la casse. »Confiants à leurs débuts, malgré une reprise effectuée en pleine crise, les anciens gérant de La Saladerie sur le port de Paimpol, ont vite déchanté. « En 2010, nous étions à 95 couverts par jours. Deux ans plus tard, nous sommes tombés en moyenne à 72 et sur l'année 2013, nous avons atteint 66 couverts. Le tout couplé à un ticket moyen qui s'est également réduit. Le midi, rares sont les clients qui prennent un dessert ou du vin. Nous tournons actuellement 12/15 euros par clients. C'est mathématiquement impossible d'équilibrer les comptes. »
Une hausse mortelle de la TVA
Car dans le même temps, et malgré une politique drastique de réductions des charges, le déficit s'accumule.« Nous avons dû nous séparer de cinq collaborateurs. Désormais seulement quatre personnes sont au service d'un établissement de 140 m². Dans cette logique, et sauf cas exceptionnels, nous ne travaillons plus le soir ni le dimanche. C'est autant de chiffre d'affaires en moins mais c'est la seule solution pour se soulager vu notre effectif. Rajoutez à cela un loyer de 3.000 euros TTC par mois, couplé à une hausse de la TVA de 3 points depuis quelques jours, et tous les ingrédients d'un fiasco sont réunis. »
Loin d'être un cas isolé pour le syndicat Umih
Loin d'être un cas isolé dans la profession, L'Épicerie traduit bien le malaise vécu depuis plusieurs mois par les restaurateurs et dénoncé par Michel Hellio, président de l'Umih 22. « Derrière tous ces patrons, ce sont des centaines et des milliers d'emplois directs et indirects qui sont impactés. »
Crise Placé en redressement judiciaire, le restaurant l'Épicerie est à vendre. Les patrons doivent se résoudre à le céder la moitié du prix d'acquisition.