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Sahinler déménage et vise un nouveau marché
Nord # Textile et mode # Implantation

Sahinler déménage et vise un nouveau marché

Spécialiste du textile sous licence, Sahinler a déménagé pour réduire ses coûts logistiques... et se donner la place de grandir encore, alors qu'il se lance sur un nouveau marché.

« C'est la caverne d'Ali Baba » glisse Hidayet Cinar en poussant une porte du siège de Sahinler, à Neuville-en-Ferrain. En fait de caverne, une salle de réunion bien éclairée, où trônent des portants croulant sous les vêtements. La Reine des Neiges, Spider ? Man, les Minions ou Dark Vador, tous les personnages préférés du public sont là, dupliqués à l'infini, sur des pyjamas, T-shirt, ou robes. Spécialisé dans la conception de produits textiles sous licence, depuis 20 ans Sahinler permet aux enfants - et aux adultes - de s'habiller aux couleurs de leurs héros préférés.

Nouveaux locaux

Ce savoir-faire, Sahinler peut désormais en faire la démonstration dans son show-room tout neuf. L'entreprise a inauguré en juin ses nouveaux locaux de Neuville-en-Ferrain. Avec 2400 m² de bureaux contre les 600 m² des anciens locaux de Bondues, son nouveau siège a permis à Sahinler de donner plus de place à sa cinquantaine de salariés et de construire son propre entrepôt logistique, sur 1.200 m². Un investissement d'environ 5 millions d'euros, source de futures économies. « Nous ne sommes pas stockistes, nous travaillons en flux tendu, sur des petites séries. Mais le fait d'avoir notre propre entrepôt va nous permettre de mieux gérer les aléas de livraison, qui occasionnent souvent un stockage de la marchandise chez le transporteur, et donc, des surcoûts, » résume Hidayet Cinar.

Nouveau marché

Bien installé dans ses murs, Sahinler se prépare à se lancer sur un nouveau marché, celui du linge de lit. Cette diversification va ouvrir de nouvelles portes à l'entreprise, jusqu'alors spécialisée dans le prêt-à-porter. « Le linge de lit ne représente que 7 à 8 % de notre chiffre d'affaires. Notre objectif, c'est d'atteindre les 30 % d'ici trois ou quatre ans. Nous positionner sur le linge de lit va nous permettre d'atteindre de nouveaux clients, comme des spécialistes du meuble. Mais aussi, chez des clients plus généralistes, de proposer des univers complets. Par exemple, au lieu de ne proposer qu'un pyjama, nous pouvons proposer la parure de lit ou les housses de coussins assorties, pour vraiment coller à notre devise et être un " créateur d'univers ". Les distributeurs n'auront n'ont plus qu'un seul interlocuteur pour toutes leurs références, et leurs clients peuvent trouver des produits mieux harmonisés. »

Validations permanentes

Prêt à porter ou linge de lit, le parcours reste le même pour les créations de Sahinler. L'étape stratégique restant la négociation des licences, qui absorbent une part non négligeable, mais confidentielle, du chiffre d'affaires de l'entreprise, qui avec 34 millions d'euros en 2016, est « bien rentable ». Sahinler possède un catalogue d'une quarantaine de licences, qui évolue chaque année. Une fois la licence obtenue, les ayants droit livrent des visuels, et l'ensemble des règles qui conditionnent leur utilisation. Selon ces chartes, les stylistes de Sahinler imaginent des collections en fonction des demandes de leurs clients. Après validation des modèles par les ayants droit, la fabrication peut être lancée chez les fournisseurs de Sahinler, en Inde ou en Chine, ou en Bulgarie et en Turquie, selon les délais et le budget du client. « Nous n'avons pas forcément la réputation d'être les moins chers », glisse Hindayet Cinar, « mais nous offrons une gamme très large de tissus et de procédés de fabrication, avec des délais très courts. Et la réalisation est toujours de qualité, c'est ce qui fait notre plus-value. » Sahinler s'appuie également sur le succès du groupe Sahinler, fondé en Allemagne en 1982, aujourd'hui dans le top 3 des fabricants textiles européens. Un groupe avec lequel Sahinler France entretient des relations plutôt élastiques. « Nous sommes une société française indépendante, mais notre actionnaire principal est le fondateur de Sahinler. Dans ce marché ultra-compétitif, il a préféré nous laisser une totale liberté de décision, » assure Hidayet Cinar.

30 % à l'export

En parallèle, Sahinler entend également gagner des parts à l'export. L'entreprise, qui réalise 12 % de son chiffre au Portugal, en Espagne, en Italie ou au Benelux, vise les 20 % de son chiffre d'affaires sur ces marchés d'ici 2019. Surtout, Sahinler se prépare à mettre un pied outre-Manche. Une entreprise délicate mais prometteuse : l'Angleterre est le premier marché mondial pour les produits sous licence.

Croissance à deux chiffres

Plusieurs fois récompensée ces dernières années pour sa croissance à deux chiffres, Sahinler voit le rythme ralentir légèrement, même si « la croissance reste belle », assure son dirigeant. Après une année 2016 clôturée à 34,2 millions d'euros, 2017 devrait voir Sahinler réaliser un chiffre d'affaires situé entre 36 et 38 millions, « peut-être un peu plus », sourit Hidayet Cinar.

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