Le projet d'hydrolienne de la start-up quimpéroise est en train d'émerger. Sabella (8 salariés ; 1,8 millions d'euros de CA) construit actuellement la troisième version de son démonstrateur D10, d'une puissance d'1,1 mégawatt. Le budget de 12 millions d'euros est en train d'être bouclé. L'entreprise vient d'obtenir une aide de la Région, du Conseil Générale et de Quimper de 650.000 ?. Pour le dernier million nécessaire, les collectivités organisent une réunion début avril avec des investisseurs potentiels. « Notre souci est toujours le financement, mais il manque seulement cette dernière pierre à l'édifice », note Jean-François Daviau, président et fondateur de Sabella. La D10 est en cours de finition dans diverses industries françaises. « Notamment au chantier CDK à Fouesnant pour les pôles et les bulbes de quatre mètres de diamètre. Quant à la nacelle, de la chaudronnerie haut de gamme, elle est fabriquée en Anjou et à Saint-Étienne », indique Jean-François Daviau, qui, secret industriel oblige, ne souhaite pas révéler le nom de ses sous-traitants. Cette troisième version de l'hydrolienne a un peu évolué à la suite d'essais en bassin. Exit le cercle entourant les pales. « On s'est aperçu qu'il y avait des interférences. On a préféré se rabattre sur des « Winglets » (ailettes légèrement verticales), comme on en voit au bout des ailes de certains avions », explique Jean-François Daviau. L'embase a aussi évolué vers un pôle central plutôt qu'une pyramide. Elle pèse 450 tonnes pour une hauteur de 17 mètres.
Immersion à l'automne
En avril, l'entreprise attend un appel à manifestation d'intérêt (AMI) de l'État pour une ferme pilote d'hydroliennes pour les énergéticiens et les turbiniers. Sabella est partenaire de GDF Suez depuis mi-2012 pour une immersion, à 55 mètres de fond, dans le passage du Fromveur. Il s'agit de fournir en électricité l'île d'Ouessant. « Les hydroliennes sont pertinentes à la pointe bretonne, où nous avons une problématique d'énergie ». L'immersion de la D10 est prévue au second semestre 2013 pour un an d'essai. Les hydroliennes de Sabella fonctionneront avec un système de stockage. « Ce qui est adapté à Ouessant, qui compte aujourd'hui beaucoup sur les générateurs en cas de panne de sa centrale. Nous sommes en discussions avec de grands groupes dans ce domaine. Nous pourrons fournir, en moyenne, 60 à 70 % des besoins de l'île », précise Jean-François Daviau. Le projet, pour Ouessant, devrait être opérationnel en 2016. À cette date, il pourrait y avoir « un appel d'offres de l'État, à l'image de ce qui se fait pour les éoliennes offshore. Il devrait porter sur 500 mégawatts. Sur une zone que nous avons identifiée de 5 km², on pourrait produire 300 à 500 mégawatts avec 200 à 300 machines », estime le fondateur de Sabella. Quand ses concurrents sont accolés à de grands groupes, tels EDF et DCNS avec OpenHydro, Sabella est encore indépendante. « Mais on discute avec des groupes. Malheureusement, il y a assez peu de patriotisme industriel dans le domaine », regrette le président de la start-up.
Sabella
(Quimper) Président : Jean-François Daviau 8 salariés 1,8 millions d'euros de chiffres d'affaires 02 98 54 58 50