Rouen : La capitale normande veut attirer les emplois tertiaires supérieurs

Rouen : La capitale normande veut attirer les emplois tertiaires supérieurs

Une étude commanditée par la Métropole et livrée par le cabinet Ernst & Young pointe le retard de la capitale normande en matière d'emplois tertiaires supérieurs par rapport aux autres grandes métropoles françaises.

"Nous ne sommes pas les premiers de la classe sur le tertiaire supérieur!" Ce constat sans concession, c'est le président de la Métropole Rouen Normandie, Frédéric Sanchez (PS) qui le dresse. Un constat qui nourrit, se faisant, une ambition: "intégrer le top5 des agglomérations françaises dans ce domaine".

En compilant les réflexions issues de différents groupes de travail pilotés par le cabinet Ernst & Young (EY), il ressort que le bassin rouennais peine aujourd'hui encore à faire jeu égal avec les plus grandes métropoles françaises sur le front de l'emploi tertiaire qualifié.

"Le tertiaire est pourtant un morceau essentiel de l'économie de la métropole et de la région avec près des trois quarts des emplois", souligne Marc Lhermitte, du cabinet EY. Terre industrielle par essence, Rouen devrait profiter du fait "qu'il n'y a pas de services sans industrie", relève le consultant, avant d'ajouter qu'il n'y aura pas "d'industrie du futur sans services à forte valeur ajoutée". Et c'est là qu'il faut agir, désormais. Le label Normandy French Tech auquel Rouen est associé avec Caen et Le Havre, doit y contribuer, estime Marc Lhermitte.

En résumé, "Rouen est au milieu du guet; il reste une marche à franchir!" L'emploi métropolitain supérieur représente aujourd'hui 7% du total des emplois contre 10% à Rennes, 11% à Nantes ou encore 14% à Grenoble. Face à ces concurrents de premier ordre, l'agglomération peine encore à attirer et surtout à fixer les talents.

Lille, souvent citée en exemple, "travaille depuis trente ans sur le sujet". Quant à Nantes, une ville dont le tissu industriel est comparable à celui de Rouen, "elle a fait le choix d'une stratégie d'attractivité agressive vis-à-vis de Paris". Dans la même veine, Lyon et ses 23.000 ambassadeurs vont rêver vu des bords de Seine.

Et Rouen, dans tout ça? "C'est une stratégie sur dix ans qu'il faut bâtir", prévient le consultant de EY. "En travaillant sur les services de l'industrie du futur, les services à très forte valeur ajoutée (data, numérique, innovation...), l'industrie du futur elle-même (santé, logistique, assurances) sans oublier le tourisme et la culture", souvent négligés dans les approches économiques.

Et qui dit attractivité, dit visibilité: "il faut faire la chasse aux classements qui sont très regardés par els chefs d'entreprises", conseille Marc Lhermitte, qui suggère aux élus métropolitains de se fixer comme objectif d'atteindre "le top 3 des villes business friendly, et le top 10 des villes créatives".