Ricoh : Stratégie orientée vers le recyclage
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Ricoh : Stratégie orientée vers le recyclage

équipements bureautiques Ricoh Industrie France a investi 2,4 M€ à Wettolsheim, pour développer le recyclage de ses appareils d'impression multifonctions. Une stratégie destinée à anticiper la baisse de l'activité d'assemblage des copieurs.

L'usine de Wettolsheim assemble 15.000 copieurs par mois. «C'est encore une belle activité qui emploie 200 salariés, mais nous savons qu'elle va s'éroder», explique Christophe Hassler, le nouveau directeur du site de Ricoh Industrie France depuis le 1eroctobre. Hubert Schwanger, en passe de lui confier les rênes, confirme: «Nous devons contrebalancer la probable chute de notre activité copieur. Depuis que les taxes d'importation sur les appareils d'impression multifonctions ont disparu en juillet2011, il n'est plus compétitif d'assembler ces appareils en France». Tous les concurrents de Ricoh ont transféré leurs activités d'assemblage en Asie. Le groupe japonais a donc décidé de réagir à son tour, en déposant la marque Green Line, une gamme de machines recyclées. Cette activité a démarré sur le site de Wettolsheim en février dernier. Elle a nécessité un investissement de 2,4millions d'euros.




De 200 à 520 machines recyclées d'ici à 2017

Le bâtiment anciennement dédié à l'activité roller, arrêtée en novembre2010, abrite désormais l'atelier de recyclage. «En 2013, la totalité de ce bâtiment, soit environ 6.000 m², sera consacrée à l'activité recyclage», annonce Robert Wuest, le directeur ingénierie du site. Ricoh Industrie France est engagée dans cette démarche depuis 1998 avec la réparation des cartes électroniques pour les appareils bureautiques, puis le recyclage des cartouches depuis 1999. Les copieurs viennent désormais s'ajouter à la liste. Cette année, l'usine haut-rhinoise en a recyclé 200. L'objectif est de faire grimper ce chiffre à 520 d'ici à 2017. Chaque machine est garantie trois ans, comme les neuves. En France, 4.400 appareils bureautiques sont collectés tous les mois pour être soit démantelés, soit revendus sur un second marché (Afrique, etc.), soit recyclés. Ce circuit concerne seulement 400 machines par mois. «Nous souhaiterions que le gouvernement intègre les produits Green Line dans ses appels d'offres, par exemple», lance Christophe Hassler. L'entreprise vise à la fois les marchés publics et privés. «Les produits recyclés nous permettent de vendre plus de produits neufs. C'est un argument commercial et cela nous permet d'avoir une offre plus compétitive», poursuit le directeur du site. D'autant que Canon, l'un des principaux concurrents de Ricoh possède une usine de reconditionnement de ses copieurs en Allemagne depuis 1999.




Des investissements pour augmenter les rendements

La filiale française doit également progresser en termes de collecte: aujourd'hui, seulement 40% de ses produits vendus sont collectés. L'usine alsacienne recycle aujourd'hui 5 modèles de machines. En mars2013, elle en proposera 12. D'autres modèles pourront apparaître en fonction de la demande des clients. Des investissements supplémentaires sont également programmés, notamment pour augmenter les rendements du reconditionnement. Le nettoyage des pièces par exemple, aujourd'hui réalisé manuellement, pourrait être automatisé. L'atelier recyclage emploie 180 salariés sur 952 au total. Avec la société Ricoh UK, en Angleterre, Ricoh Industrie France est la seule à produire la gamme Green Line. Mais le groupe japonais souhaite industrialiser plus largement cette activité et la déployer en Asie.



Julie Giorgi

Ricoh Industrie France



(Wettolsheim) Directeur: Christophe Hassler 952 salariés Chiffre d'affaires (fin mars2012): 529millions d'euros 03 89 20 40 00

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