Rhônes-Alpes : Le géant du "bio" Distriborg fait peau neuve
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Rhônes-Alpes : Le géant du "bio" Distriborg fait peau neuve

Agroalimentaire. Le groupe de Saint-Genis-Laval - propriétaire d'une quinzaine de marques dont Bjorg, Bonneterre et Alter-Eco - change de nom. Et intègre dans son périmètre la PME bordelaise Inéobio (cafés et thés bio-équitables). Un tournant stratégique.

Distriborg est mort. Vive "Bjorg Bonneterre et Compagnie" ! Depuis le 5 juillet, le discret - et pourtant leader français - groupe " bio " de Saint-Genis-Laval a changé d'identité. Exit Distriborg, nom historique de ce poids lourd de l'alimentation saine et allégée (CA 2015 : 300 M€ ; + 15 % vs 2014), créé en 1970. « Le nom Distriborg avait été choisi à l'origine pour signifier " distribution organisée ", notre premier métier », rappelle Daniel Tirat, directeur général depuis 2 ans de ce groupe qui aligne désormais une quinzaine de marques dont l'emblématique Bjorg (bio-nutrition) - créée en 1985 à Saint-Genis-Laval et qui pèse désormais plus de 50 % du CA de Distriborg. « Le tournant stratégique a été amorcé avec la création de Bjorg. Le groupe a alors adopté une stratégie de marques. Soit en les créant comme Bjorg, Evernat ou plus récemment Tanoshi soit par rachat comme Bonneterre ou Alter-Eco », énumère le dirigeant, ancien de Danone pour qui il avait lancé " Les 2 Vaches". Une galaxie de marques donc pour un seul groupe qui choisit aujourd'hui de se rebaptiser "Bjorg Bonneterre et Compagnie" ; un nom qui met en avant certaines marques du groupe. Une étape qualifiée en interne de « majeure », voire de « révolutionnaire » alors que, souligne Daniel Tirat, « Distriborg a longtemps été un acteur - même si numéro 1 de son secteur - particulièrement discret. Nous voulons aujourd'hui assumer ce que l'on est ». D'autant plus que ce groupe n'a jamais connu la crise. Depuis 20 ans, Distriborg qui est adossé à Wessanen, sa holding néerlandaise, est en croissance continue. « Il était temps de le faire savoir en choisissant un nouveau nom plus incarné », poursuit-il.

Synergies industrielles
À ce tournant stratégique s'ajoute une opération de croissance externe remarquée : celle de la PME bordelaise Inéobio (70 salariés// CA 2015 : 20 M€) spécialisée, avec la marque Destination, dans les thés et les cafés bioéquitables. Inéobio décline quelque 250 références de cafés issus de 45 provenances (1.000 tonnes vendues chaque année) et 450 références de thés de 19 provenances. Une structure dynamique qui rentre donc dans le giron de Distriborg, déjà propriétaire de la marque britannique de thés Clipper et des thés Alter-Eco. « Tous ces acteurs sont très impliqués dans le commerce équitable », appuie Daniel Tirat. « Un des enjeux, avec cette opération de croissance externe, est donc à terme de mettre en place des synergies industrielles ». Les thés Alter-Eco, aujourdhui produits et conditionnés chez des partenaires, pourraient ainsi intégrer l'outil industriel de Inéobio. « Ce rachat va également nous permettre d'optimiser nos approvisionnements », argumente le Dg.

Première usine en France
Avec Inéobio, Distriborg se dote dès lors de sa première usine de production basée en France, alors que seuls 20 % des produits du groupe sont produits en interne dans ses usines basées en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Italie. « Les 80 % restants sont sous-traités. Aujourd'hui, nous produisons en propre essentiellement nos boissons végétales (type lait de soja et lait d'amande) et nos alternatives végétariennes », précise Daniel Tirat. La politique du groupe : multiplier les opérations de croissance externe. « Un bon rachat permet en effet d'avoir une vision claire du sourcing et de nous assurer une capacité à produire à long terme ». Des atouts précieux pour un marché du " bio " en pleine explosion (de 15 à 20 %/an).

Distriborg (Saint-Genis-Laval)
DG : Daniel Tirat
400 collaborateurs
CA 2015 : 300 M€
www.distriborg.com

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