Rhône : Gérard Collomb : « Malgré toutes les oppositions, le Grand Stade se fera à Lyon »

Rhône : Gérard Collomb : « Malgré toutes les oppositions, le Grand Stade se fera à Lyon »

Conjoncture, situation de Renault Trucks, grands projets d'aménagement : le sénateur-maire de Lyon revient pour Le Journal des entreprises sur les grandes actualités de l'agglomération lyonnaise.

Vous vous réunissez régulièrement avec les instances économiques lyonnaises comme la CCI, le Medef et la CGPME, comment jugez-vous la conjoncture ?
Les secteurs qui souffrent le plus dans l'agglomération sont l'industrie automobile et celle du poids lourds. Renault Trucks a annoncé de nouvelles mesures de chômage partiel. On discute régulièrement avec eux pour qu'ils ne repartent pas en Suède.




Il en a été question ?
Disons qu'il faut que nous occupions le terrain économique. Depuis cinq ou six ans, nous allons régulièrement en Suède, rencontrer le président de Volvo. La lutte pour les conserver en région lyonnaise se fait par l'attractivité du territoire. Ils font partie du pôle de compétitivité Lyon Urban Truck and Bus. Il y a des centres de recherche. Il faut leur fournir des centres d'intérêts économiques pour les conserver sur le territoire.




Et pour les autres secteurs d'activité ?
Et bien les autres secteurs se portent plutôt pas trop mal sur l'agglomération lyonnaise. Avec le tournant pris par le gouvernement pour retrouver la compétitivité économique de la France, la conjoncture devrait s'améliorer. Si l'économie se porte bien, les entreprises n'ont pas de visibilité à trois ou quatre mois.




Lyon concourt pour La Cité de la gastronomie. Lyon sera-t-elle désignée pour l'accueillir selon vous ?
La Cité de la gastronomie se fera à Lyon quoi qu'il arrive, et même si les conditions peuvent changer. C'est comme le Stade des Lumières. Il se fait, même si le projet a évolué. Et ce sera pareil pour l'Anneau des sciences. Il se fera malgré toutes les oppositions auxquelles nous aurons à faire face. A Lyon, on fait. C'est ce qui en fait une ville de référence. Dans le cadre de la réforme de la décentralisation menée par le gouvernement, Lyon est devenue la métropole de référence. Toutes les grandes villes viennent nous questionner sur comment nous avons fait la métropolisation.




Quelle recette leur donnez-vous ?
Il faut une vision stratégique à long terme pour savoir comment notre pays se situe dans le monde, comment notre métropole se situe dans le monde. Nous sommes entrés dans une économie globalisée avec une économie d'archipel qui passe par les villes. Il faut adopter des approches territorialisées, c'est là que se construisent l'innovation et surtout les ressources humaines. Sanofi n'a pas décidé d'être en France mais à Lyon parce qu'il y a un écosystème des biotechnologies performant. Deuxième axe important, les partenariats publics privés. L'argent public est devenu rare. Sur tous les projets développés par l'agglomération lyonnaise, 1 euro d'argent public investi permet de lever 6 euros d'argent privé. 1,5 MdE sont investis chaque année par la collectivité. L'effet démultiplicateur des partenariats publics privés est important.




La rue Grôlée, en Presqu'île est laissée à l'abandon, que pouvez-vous faire pour arranger la situation ?
Les opérateurs sont nuls ! Ils perdent chaque année des royalties et ne font rien. Que voulez-vous que je fasse ? Que je rachète des commerces ? Ce serait le retour à l'Union soviétique.




Vous venez d'être coopté pour être membre du cercle de l'industrie française, aux côtés d'hommes politiques et d'une vingtaine de dirigeants de très grandes entreprises industrielles. Quelles sont les inquiétudes de ces grands patrons ?
Nous avons eu une réunion il y a deux jours avec le premier Ministre Jean-Marc Ayrault qui est venu préciser ce qu'il voulait faire dans l'avenir. A titre d'exemple, les textes sur les mesures pour alléger les charges des entreprises devraient passer avant la fin d'année alors qu'ils étaient prévus pour janvier. Des négociations entre patronat et syndicat devraient permettre plus de flexisécurité. C'est ce que les industriels attendaient : des réponses sur les mesures destinées à alléger les charges.