«Ne passez pas à côté du boom économique que vous pouvez en attendre». Président de la SNCF, Guillaume Pépy avait averti le monde économique du Sud Alsace en décembre2009, lors du lancement du Club TGV Rhin-Rhône, à Mulhouse. Ces mots ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd. Animé par Luc Gaillet, le cercle économie de ce club s'est régulièrement réuni depuis pour oeuvrer au déploiement de conditions favorables au développement du business autour de ce train. «L'expérience montre que l'impact des infrastructures de transport sur l'économie est le plus fort aux noeuds du réseau», témoigne-t-il. Et tout l'enjeu est là: faire de Mulhouse le «noeud» qu'elle doit être, avec 6 branches identifiées. «N'oublions pas, ainsi, la réouverture au trafic voyageurs de la ligne Mulhouse-Müllheim, où transiteront en décembre 2012 les TGV vers Fribourg», rappelle Luc Gaillet. Ce qui devrait naturellement bénéficier au tourisme, parent pauvre de l'agglomération mulhousienne, sera aussi un plus pour l'économie. «En 2020, nous aurons le devoir de nous poser la question: qu'avons-nous fait pour le territoire?», explique-t-il, «dès lors, il est important de créer une dynamique». Une dynamique qui passe par la qualité du dialogue entre les collectivités et les entreprises et «une capacité à faire émerger et à mener des projets en commun», complète celui qui est aussi président de la commission aménagement et infrastructures au sein de la CCI Sud Alsace Mulhouse.
Le commencement d'une histoire
«Cette LGV est un moment fort et émouvant, parce qu'elle représente 25 ans de combat», témoigne de son côté Jean-Marie Bockel, président de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A). «Mais attention! Ce n'est pas un aboutissement, mais un commencement», prévient-il. La dimension structurante de ce projet est à la hauteur de son rôle dans le renforcement de l'attractivité du territoire. «Et l'attractivité, c'est avant tout l'économie», précise le président. «C'est important, pour les entreprises, de savoir qu'il y a une bonne desserte dans toutes les directions», confirme Jean-Marie Bockel. Tout en rappelant les limites du rôle de la collectivité: «Notre responsabilité est de continuer à porter les investissements qui valoriseront ce TGV». En clair, aux entreprises de faire leur part du travail, de se développer et de parier sur Mulhouse et le Sud Alsace. Et aux politiques d'oeuvrer pour que, notamment, le chantier de la deuxième phase de la LGV Rhin-Rhône entre Petit-Croix et Lutterbach, démarre au plus vite. Mais il reste difficile de faire des prévisions chiffrées sur l'impact économique. «Nous travaillons actuellement à l'établissement d'indicateurs qui permettraient, à travers un observatoire, d'évaluer cet impact», explique Philippe Trimaille, animateur du club TGV Rhin-Rhône. L'idée étant qu'il soit opérationnel en octobre prochain, soit tout juste deux mois avant que le TGV n'arrive enfin à Mulhouse par le sud.
Infrastructures Dans 6 mois, le TGV Rhin-Rhône arrive. Mulhouse en sera la porte d'entrée en Alsace. Les espoirs sont grands dans le monde économique.