A
près les déchets d'équipements électriques et électroniques, Retrilog vient de débuter un test sur les ouvrants et fermants issus des chantiers de rénovation du BTP. Quelle est la logique de cette diversification ?
« Fondée en 2008, notre entreprise, positionnée sur le créneau de l'insertion, est spécialisée dans la collecte et le tri des D3E. Nous travaillons, dans le cadre d'appels d'offres pour le compte d'Eco-système, l'organisme qui gère cette filière. Ils sont très intéressants en terme de volume, puisque nous avons pu créer 45 emplois en insertion, mais nous devons aussi faire face à une dépendance dangereuse. Ces marchés, qui représentent aujourd'hui 70 % de notre activité, contre la totalité à nos débuts, sont remis en jeu tous les trois ans... avec le risque de ne pas être retenu, tant la filière de recyclage des D3E est aujourd'hui ultra-concurrentielle, notamment de la part de grands opérateurs. »
D'où cette nécessaire diversification...
« Effectivement, les entreprises d'insertion sont gérées comme des entreprises traditionnelles, à l'exception des postes d'encadrements qui sont en partie subventionnés. Cela nous oblige à diversifier nos activités pour mieux équilibrer nos comptes, créer de l'emploi et dégager des marges d'investissement. Rattachés à Emmaüs Ouest, nous n'avons pas vocation à faire des bénéfices... mais non plus à cumuler les pertes. »
Des essais ont été réalisés sur le recyclage des matelas...
« Autant sur les D3E nous sommes le maillon logistique de la chaîne, puisque nous ne traitons pas les produits collectés, autant sur les marchés de diversification, nous cherchons à aller plus loin. Sur les matelas, nous avons mené un test de 18 mois sur la valorisation des composants. Cela paraissait naturel et en synergie avec l'activité de l'autre filiale d'Emmaüs Ouest, Retritex, positionnée sur le créneau du recyclage des tissus et vêtements. Malheureusement, Eco-mobilier, qui gère cette filière comme Eco-Système, a privilégié un concurrent rennais. Nous avons choisi de stopper cette initiative qui présentait pourtant de solides atouts. »
Pourquoi le secteur du BTP ?
« L'idée est venue d'une discussion commune avec la fédération régionale du bâtiment. Les dormants et ouvrants sont, avec les projets de rénovation, de plus en plus nombreux. Ils sont aujourd'hui enfouis. Leur valorisation est possible si on arrive à monter une filière concurrentielle vis-à-vis de l'enfouissement. Nous venons de débuter un test de 18 mois financés par la fédération, l'Ademe et le conseil général des Côtes-d'Armor. Au total, nous touchons 88.000 euros sur cette période ce qui nous permet de financer deux postes. »
Et vous avez noué un partenariat avec un prestataire privé ?
« Oui. Beurel Environnement à Lamballe nous accompagne dans la collecte et la mise à disposition des ouvrants et fermants. À Retrilog de désormais prouver qu'il est possible de créer une filière de retraitement vertueuse. Le verre peut repartir en fonderie et pour le bois, l'objectif est d'arriver à en faire des tasseaux de classe B qui serait possible de réutiliser. »
2014 marque également un projet de réimplantation industrielle suite à l'incendie de l'été 2013 ?
« Nous allons prendre possession à l'automne 2014 du centre de tri de La Poste à Brézillet. Saint-Brieuc Agglomération a accepté de nous louer pour trois ans ces 5.000 m² de surfaces utiles. C'est un peu grand pour nous mais cela va nous permettre de disposer d'un bâtiment répondant aux normes ICPE et de développer nos activités de services annexes. Aujourd'hui nous sommes capables de proposer des prestations en collecte de déchets administratifs, de déménagement de mobilier, etc. Nous avons déjà expérimenté ces nouveaux métiers pour la CAF, l'Urssaf, etc. Avec le centre de tri, nous pourrons proposer des surfaces de stockage ou de regroupement à des entreprises extérieures. »
C'est également un moyen pour des entreprises de répondre à la clause d'insertion des marchés publics ?
« Faire appel à un prestataire comme Retrilog dans les différents métiers que nous déployons est effectivement un moyen de répondre aux conditions des clauses d'insertion exigées dans les marchés publics. »
Retrilog
(Saint-Brieuc/Pontivy) Directeur : P. Becquart 50 salariés Chiffre d'affaires 2013 : 2,2 millions d'euros 02 96 76 64 67