Faire des affaires au Maroc requiert au préalable d'établir une relation de confiance avec ses interlocuteurs. «Les réseaux sont très importants», constate Gilles Bonnet, expert-comptable du cabinet nord-isérois éponyme, implanté à Rabat depuis cinq ans tant pour travailler pour la France que pour développer l'activité locale. Pour pénétrer ces réseaux plus rapidement, une solution peut être de prendre pied sur le marché par acquisition d'entreprise. C'est ce qu'a fait la société d'ingénierie Girus, dirigée à Vaulx-en-Velin par Bernard Fieux. Elle vient de racheter un bureau d'études de quinze personnes, Iskane, à Casablanca. Spécialisée dans le domaine de l'eau, elle va progressivement être développée sur les autres activités de l'entreprise: l'environnement, l'énergie, l'aménagement urbain... Pour optimiser son organisation, elle a engagé un directeur de filiale à la double culture: Fouad Zahrani est d'origine marocaine et ingénieur Insa Lyon. Sur le marché du conseil et de l'ingénierie, le Maroc offre de belles perspectives pour les entreprises françaises. En solo ou avec des interlocuteurs locaux. «Nous sommes des partenaires naturels car nous sommes formés à la française», souligne Moncef Ziani, directeur général de Conseil, ingénierie et développement, à Rabat. CID emploie 270 personnes, dont 100 ingénieurs formés en majorité en France: «Nous sommes autosuffisants dans pratiquement tous les domaines d'activité mais nous recherchons des expertises dans des domaines nouveaux.» Il met néanmoins en garde contre les difficultés de recrutement qu'il rencontre sur certains profils, comme les ingénieurs en génie civil. «C'est pour nous un facteur limitatif de développement. Nous observons ce phénomène depuis quatre à cinq ans. Cela est en partie dû au fait que des entreprises françaises délocalisent au Maroc des activités, pas uniquement pour le marché local, mais pour des contrats sur d'autres pays.»
Plus de flexibilité
Avec des salaires deux à trois fois moins élevés qu'en France et des qualifications honorables, la tentation est en effet forte pour les entrepreneurs. Sur un autre secteur, celui du développement de sites internet, Acti a ainsi choisi de se déployer au Maroc. La société lyonnaise dirigée par Laurent Constantin emploie huit personnes à Rabat, mais vise la centaine sous cinq ans. Sa filiale, Idemium, est dirigée par deux Marocains actionnaires à 30%, dont l'un avait fait son stage de fin d'études de l'Insa au siège lyonnais. «Ici nous pouvons recruter beaucoup plus vite qu'en France, le marché offre plus de flexibilité, explique le dirigeant. Au démarrage, la filiale va travailler pour nos clients français, qui demandent une forte réactivité. Mais nous commençons à prospecter des clients locaux. Nous visons ici des grands comptes.»
www.cabinet-bonnet.com; www.girus.fr; www.cid.ma; www.acti.fr
Dotée d'un bon niveau de formation, la main-d'oeuvre marocaine est aussi meilleur marché qu'en France.