Reprises : HB-Henriot et Sibiril changent de main
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Reprises : HB-Henriot et Sibiril changent de main

Avec les reprises de HB-Henriot et du constructeur naval Sibril de Carantec, ce sont deux monuments du patrimoine économique finistérien qui ont changé de main.

Le "sauveur" de l'année s'appelle sans doute Jean-Pierre Le Goff. Coup sur coup, le Nantais fondateur de l'entreprise Sirehna, experte en contrôle dynamique des navires, a repris deux sociétés du patrimoine économique finistérien, en graves difficultés. Le 28février, via sa holding Ciranoe, il déposait une offre de reprise de Sibiril, chantier naval de Carantec, vieux de plus de 200 ans et connu pour la fabrication des bateaux de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Une société en perte lente depuis deux ans. Au 31mars 2010, elle enregistrait moins 300.000€ de fonds propres. «Le chantier naval va passer du statut d'entreprise familiale et artisanale à celui de véritable société», affirmait alors Jean-Pierre Le Goff. Seize emplois sur 25 ont été maintenus. Quelques mois plus tard, au coeur d'un été pluvieux, on apprenait la reprise, par ce même Jean-Pierre Le Goff, du faïencier quimpérois HB-Henriot, liquidée fin août. Une nouvelle société -Henriot Quimper- est alors créée. Jean-Pierre Le Goff injecte 500 K€, avant de mettre la main sur le deuxième faïencier quimpérois: la Fab. Son objectif: éviter une concurrence stérile. «On pouvait laisser couler la Fab. Une stratégie envisageable par des financiers, mais pas par moi. Bernard Verlingue est quelqu'un de respectable. Nous avons donc trouvé un compromis. C'est un bel achat. Je suis très content. Et les salariés aussi», expliquait-il alors au Journal des Entreprises. Au global, HB-Henriot accumule alors 500K€ de pertes annuelles. Mais l'entrepreneur croit au potentiel de la marque. Selon lui, HB-Henriot a de bons produits mais se renouvelle peu. Elle souffre d'un marché en diminution tant en France qu'aux États-Unis. L'entreprise doit avant tout réduire ses frais généraux. Son but est de retrouver des capacités d'investissement commerciales et marketing afin de jouer la carte de l'export et celle des nouveaux produits de création. Et au fait, pourquoi avoir repris ces trois sociétés aux univers si différents? Pour trois raisons. L'attachement au Finistère de ce Bigouden d'origine, né à Paris et l'envie de sauver des savoir-faire ancestraux. Après avoir cédé Sirehna fin décembre2010, il se demandait ce qu'il allait faire. «Je suis parti en Asie pendant trois semaines. Et quand je suis rentré, on m'a parlé de Sibiril. Après HB-Henriot et la Fab, je m'arrête. Là, j'ai fait le plein!»

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