Alors qu'il entamait tout juste une période de rémission, le secteur du BTP scrute attentivement la nouvelle crise de la dette qui menace les États européens. «Nous sommes partis en vacances cet été le coeur léger et nous sommes revenus avec l'impression que le ciel nous était tombé sur la tête», résume Denis Cavat, vice-président de la fédération BTP Isère. Le premier semestre avait pourtant bien commencé. En Rhône-Alpes, le nombre d'autorisations pour les logements neufs a crû de 14,2% par rapport à 2010, tandis que les mises en chantier de logements neufs ont augmenté de 30% (contre 12% et 16,5% pour la moyenne nationale). Mais la tendance s'est brusquement inversée sur les trois derniers mois, puisque les mises en chantier en Rhône-Alpes ont dégringolé de 21,8%. Cette baisse est d'autant plus inquiétante pour le BTP que la reprise de l'emploi, qui était essentiellement passée par l'intérim (+11,5% sur un an contre -1,1% pour l'emploi salarié), se trouve aujourd'hui menacée. «Une contraction des marchés dans les prochains mois entraînerait mécaniquement une réduction des effectifs», prévient Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment en Rhône-Alpes. Si, pour l'instant, les carnets de commandes des entrepreneurs locaux restent bons, les prix ont néanmoins tendance à être revus à la baisse. Dans le Rhône, un département qui concentre près de 30% de l'activité régionale, «on observe une dégradation des prix et de la trésorerie des entreprises. Les délais de paiement avancés par la loi LME ne sont pas toujours respectés», affirme Gilles Courteix, président de la Fédération BTP Rhône. Autre problème: l'application de mesures réglementaires, comme les diagnostics amiante, ont eu pour effet de ralentir la mise en route des chantiers. Résultat: pour compenser ces périodes creuses et réaliser leur chiffre d'affaires, «les entreprises doivent en faire plus», résume Gilles Courteix. Et ce n'est pas le premier semestre 2012 qui devrait arranger les choses, puisque la tenue des élections présidentielles et législatives pourrait ouvrir la voie à une nouvelle période de flottement.
BTP Après deux années très chahutées par la crise, le secteur de la construction redresse timidement la barre, mais accumule les incertitudes pour 2012.