Mercredi 7 octobre, les salariés de Klégé et Ludwig Czelecz, ancien dirigeant de l’entreprise, ont remis une offre de reprise au tribunal de commerce d’Arras. Le projet porte sur l’activité du site de Bapaume, en liquidation judiciaire depuis juin.
Une offre de reprise à actionnariat partagé
Selon ses porteurs, le projet vise à maintenir l’activité industrielle de Klégé ainsi que ses effectifs. Il prévoit également de diversifier les débouchés de l’entreprise vers l’industrie, l’alimentaire et la défense.
Les repreneurs font état de précommandes avoisinant 6,1 M€. Ils affichent l’objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 12,3 M€ d’ici à la fin de 2027.
L’offre prévoit une répartition du capital entre le collectif des salariés, à hauteur de 40 %, et Ludwig Czelecz, à hauteur de 60 %.
Une liquidation après les difficultés de Durisotti
Début juin, le tribunal de commerce d’Arras a prononcé la liquidation judiciaire de Klégé. La décision concernait sept sociétés du groupe GTE Automotive, dont Durisotti, installée à Sallaumines.
Klégé comptait alors 78 salariés, selon ICI. Une précédente brève du JDE faisait état, pour 2018, d’un chiffre d’affaires de 13 M€ et d’un effectif de 110 salariés.
Le collectif estime que Klégé a lourdement subi la défaillance de Durisotti, son principal débiteur. L’entreprise avait été reprise en 2020 par ses salariés et Ludwig Czelecz, ingénieur spécialisé dans la décarbonation des véhicules.
Un désaccord avec la Région sur le financement
Le 7 octobre, les salariés ont manifesté à Arras pour réclamer le soutien de la Région Hauts-de-France. Le collectif affirme que la collectivité ne reçoit plus les repreneurs. Ces derniers déclarent disposer, à titre personnel, de l’ensemble des garanties financières réclamées par la Région et se disent prêts à les présenter. Ils estiment également qu’une aide financière et opérationnelle leur avait été promise.
Ludwig Czelecz considère que le soutien de la collectivité est nécessaire pour attirer davantage d’investisseurs privés. « Sans ce soutien politique, administratif et financier, nous ne pourrons pas attirer plus d’investisseurs privés et maintenir l’emploi à Bapaume », précise le porteur du projet de reprise.
Dans un courrier consulté par France 3 Hauts-de-France, Xavier Bertrand, président de la Région, s’est adressé à Ludwig Czelecz pour lui reprocher ses critiques envers la collectivité. Lors de sa commission du 2 octobre, la Région n’a pas examiné le dossier et a demandé au repreneur un justificatif des apports financiers prévus dans l’offre.
De nouvelles mobilisations annoncées
Le collectif demande à la Région l’organisation urgente d’une réunion réunissant les salariés et leurs conseils, Bpifrance, la préfecture, l’inspection du travail et des élus. Une nouvelle manifestation est prévue le 15 octobre à 14 h à Amiens, où la Région doit tenir sa commission permanente.
Le collectif organisera également une conférence de presse suivie d’un débat consacré à la politique industrielle, le vendredi 16 octobre à 12 h, dans l’enceinte de l’entreprise à Bapaume. L’ensemble des élus des Hauts-de-France et les services de l’État y sont conviés.