À 63 ans, Jean-Paul Legendre a décidé de transmettre au 1er janvier 2016 les rênes son groupe indépendant de BTP et d’immobilier à son fils Vincent, ingénieur en génie civil, pour bâtir un « Legendre 3.0 ». La transmission familiale était prévue et organisée de longue date, depuis son arrivée dans l’entreprise en 2003. A l'époque, ils n'avaient que 350 salariés. Ils sont 1.400 aujourd'hui. De 2008 à 2015, malgré la crise qui n’en est pas une aux yeux de Jean-Paul Legendre, son chiffre d'affaires a été multiplié par 2,5 passant de 182 à 450 millions d’euros !
"Deux priorités de développement"
Vincent Legendre ne se fixe « pas d’objectif chiffré » ces prochaines années, mais il a « deux priorités » : « Remonter la chaîne de valeurs. Il faut être à l’origine de l’idée. Nous allons déjà très loin dans la maîtrise de notre métier, de la conception à la construction et promotion, avec nos propres usines de matériaux. » Sa deuxième priorité est d'ordre « géographique ». Déjà implanté à l’été 2015 en Angleterre, avec une succursale et un cadre à Londres, Legendre veut y gagner « un premier contrat en vue avec un promoteur pour le compte d’une banque mondiale ». Sa volonté : ne plus dépendre d’un seul gouvernement et « ne pas rester dépendant d’un marché français à la croissance morose, atone ». Legendre concurrence aussi les majors français, qui sont mondiaux (Bouygues, Eiffage, Vinci). Le petit Poucet breton arrive à les doubler par sa vitesse de prises de décision et sa capacité financière. En région parisienne, il vient de réaliser 42.000 m² en 4 mois et demi pour CDiscount (15M€) et a remporté le siège de Disney (13.000 m² et 50 M€ de garanties qu’il a su apporter).
L'hôtellerie aussi
Développement immobilier, énergies renouvelables avec Armorgreen, résidences services et hôtelières depuis 6 mois avec déjà 1.000 chambres en projet… Il poursuivra cette diversification et intégration métiers, source de rentabilité (3,5 % de résultat d’exploitation pour 2 % de résultat net). Toujours au rendez-vous malgré « des marges divisées par trois depuis 2008 ».