«Pour pérenniser ses sites industriels en Europe, dans un contexte de baisse constante du marché (20% de véhicules en moins en 2010 par rapport à 2007), Renault investit en Europe et en France en particulier, sur des produits à forte valeur ajoutée. La France, au coeur du dispositif de Renault». Sans ambiguïtés, la présentation début février des principaux axes de la stratégie de Renault pour les années à venir a cherché à rassurer les salariés français. Résultat: la Seine-Maritime tire profit de ce positionnement, l'usine de Cléon ayant été choisi pour fabriquer les moteurs électriques Renault de troisième génération à partir de 2013 et Sandouville produira un fourgon en 2013. De bonnes nouvelles permettant de maintenir l'activité des deux sites haut-normand avec en plus pour Cléon la production du nouveau moteur 1.6 dci 130 dès 2011. Seule ombre au tableau: Sandouville va perdre le haut de gamme de la marque (Laguna et Espace) dont les véhicules seront produits à Douai à partir de 2014. Nouveau directeur de l'usine de Sandouville, Jérôme Moinard (voir page4) ne s'en émeut pas et y voit même une belle occasion: «Je ne fais pas table rase du passé mais, ce qu'il faut, c'est s'appuyer sur les atouts de l'usine de Sandouville et du personnel pour assurer cette transition. Notre savoir-faire sur le haut de gamme est un atout qui nous sera utile pour le futur fourgon. Et, pour ma part, je trouve plus intéressant de fabriquer 100.000 véhicules utilitaires garantis que 50.000 véhicules particuliers soumis aux effets de mode».
Un futur électrique
Si, dans un premier temps, les moteurs électriques du constructeur au losange
seront fabriqués par des fournisseurs extérieurs pour les premiers véhicules commerci
alisés en 2012, dès 2013,Cléon produira le moteur électrique troisième génération. Une belle victoire pour le site grâce: «A un actif de 2milliards d'euros: on récupère des machines existantes pour les adapter aux nouveaux produits, ce qui permet à Renault de faire une économie énorme et d'être très compétitif. C'est aussi un choix qui récompense nos performances antérieures», explique Philippe Notez, le directeur du site. 100.000 moteurs produits par an sont annoncés par le constructeur, dont la puissance devrait être équivalente à un moteur diesel d'aujourd'hui et l'autonomie de 160km. Philippe Nottez en est convaincu: «Le monde est mûr pour lancer ce type de produits. La force de Renault résidera dans l'industrialisation de masse qui permettra aussi de faire progresser les autonomies des véhicules». Reste la question des infrastructures nécessaires au rechargement des batteries, ce à quoi Philippe Nottez répond avec enthousiasme pour la Haute-Normandie: «Le président de la CREA a passé un contrat avec Renault pour mettre à disposition un réseau de bornes électriques. De plus, Renault engage des partenariats avec des fournisseurs électriques pour générer les bornes nécessaires aux réseaux de recharges qui seront essentiellement en zones urbaines. Sur ce point, la région sera en avance de phase».
Sébastien Colle
www.renault.com/fr
Automobile Arrivée d'un fourgon à Sandouville, production du moteur électrique à l'usine de Cléon, Renault met un coup d'accélérateur en Seine-Maritime.