Région : Tous unis pour affronter 2013!
# Ressources humaines

Région : Tous unis pour affronter 2013!

Pour lutter contre les effets de la crise, tous les acteurs politiques et économiques régionaux se sont mis «d'accord» sur une feuille de route commune. Une société régionale d'amorçage est créée, en préfiguration de la future Banque publique d'investissement.

On pensait déjà la région un exemple en matière de coopération entre acteurs politiques et économiques, dès lors qu'il s'agissait de développement économique. Visiblement, il y avait encore une marge de manoeuvre... Tous ont franchi une nouvelle étape le mois dernier. Une véritable «feuille de route» anti-crise, «du soutien au tissu économique régional et de résistance à la crise» a été adoptée.




«Tous d'accord»

«Nous sommes tous d'accord! La région est une fois de plus en ordre de marche», s'enthousiasme l'élu régional Pierre de Saintignon, pour qui il ne s'agit pas d'un énième «plan avec des montants», ni d'un «guichet», mais plutôt d'une stratégie commune, «un cap commun que nous nous donnons tous ensemble avec une méthode». Le vice-président du conseil régional au développement éonomique et premier adjoint au maire de Lille parle volontiers de «vision commune». Philippe Vasseur, président de la CCIR acquiesce: «L'esprit de coopération, c'est fondamental ! Nous sommes une région pionnière pour mobiliser les gens. Il faut préparer l'avenir.» Et l'ancien ministre de rappeler que sans le plan de continuité professionnelle adopté en son temps, «la quasi-totalité des entreprises de VAD (dont 3Suisses et La Redoute) aurait été balayée». Aujourd'hui, les entreprises régionales sous surveillance s'appellent Meca Stamp, Doux, Visteon Gondecourt, Stora Enso... «Il faut réussir leur sauvetage», lance Bertrand Péricaud, le président de la commission développement économique à la Région.




Avec les organisations syndicales

L'une des grandes nouveautés de cette feuille de route est l'association des organisations patronales et syndicales à un comité informel avec les experts adéquats et où le débat est libre. Plus de cohérence dans l'action publique, plus de complémentarité avec le privé et la finance régionale, une meilleure articulation des dispositifs: voilà le cadre posé avec deux volets, l'un offensif, l'autre défensif. Défendre les besoins de financement des PME-PMI devant les banques avec Oseo, la Région le faisait déjà, par exemple. En 18mois, 1.061entreprises de la région ont ainsi bénéficié de ce soutien, soit 27.450emplois concernés. «Nous savons défendre les entreprises, mais ce qui nous intéresse est d'intervenir beaucoup plus haut, en amont», insistent les partenaires de cette feuille de route: la Région, les deux conseils généraux, le Ceser, Oseo, les services de l'Etat, la Banque de France, Batixis, Batixia, l'IRD et Finorpa.




Une cellule réactive

Concrètement, dès qu'une entreprise rencontre une difficulté, elle peut être soutenue. Pour cela, il faut saisir le commissaire au redressement productif. Depuis sa mise en place, en juin dernier, près de 75entreprises ont été épaulées représentant «3.000emplois sauvés» selon l'Etat. Une cellule réactive spécifiquement mise en place est aujourd'hui mieux articulée avec les financeurs pour une meilleure réactivité. Pour la coordination, un comité régional de suivi des mécanismes économiques et financiers est créé. Une société régionale d'amorçage voit aussi le jour, en préfiguration à la future Banque publique d'investissement (BPI), dont on ne perçoit pas encore bien tous les contours en région. «Nous serons mieux préparés», dit Pierre de Saintignon qui ne veut pas que cette BPI agisse comme une banque nationale avec un siège à Paris et des succursales en région. «Si on ne veut pas que la BPI soit un recyclage des fonds qui existent déjà, à moins de 2,4Md€, la BPI n'aura pas d'efficience régionale», calcule-t-il. Il a alerté Arnaud Montebourg. Ardent défenseur de la décentralisation, Philippe Vasseur dit même craindre que son fonctionnement soit «un frein au travail d'Oseo» en région. «On ne peut pas dédier notre fonds à une adresse parisienne!», s'exclame-t-il.




«Convaincre les chefs d'entreprise»

Reste un défi : «Il faut convaincre les chefs d'entreprise.» De leur côté justement, on s'interroge. Il ne s'agit bien évidemment pas d'ingérance dans les affaires, mais d'un travail en réseau pour la meilleure réponse publique. Et en toute confidentialité ! C'est aussi de l'intelligence économique. «Nous ne sommes pas sur les mêmes fréquences entre nous. La réponse publique ne va pas assez vite, constate ce dirigeant sous le couvert de l'anonymat. Il est urgent de tirer de l'eau d'abord l'entreprise qui se noie, avant de lui demander des comptes et d'étudier un dossier! On lui réclamera les justificatifs après», s'emporte ce témoin.



Géry Bertrande

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