L'élection d'Emmanuel Macron donne des ailes aux business angels. Elle suscite en particulier beaucoup d'intérêt du côté de France Angels, la fédération nationale qui représente 72 réseaux de ces investisseurs prêts à entrer, sur leurs fonds personnels, au capital de jeunes entreprises. Pour son président Tanguy de La Fouchardière, le nouveau chef de l'État a déjà commencé à changer la donne : « Nous sommes en train de passer d'une culture de l'autodénigrement à un climat d'optimisme raisonné. On assiste à un changement complet d'état d'esprit », assure-t-il. Et pour cause : il est convaincu que le président de la République peut aider à « libérer » l'investissement au capital des entreprises. « Aujourd'hui, il reste quelques freins au niveau de la fiscalité. On a bon espoir que, dans le nouvel environnement politique qui s'ouvre, ces barrières-là se lèvent un peu. »
Réductions fiscales
Refonte de l'ISF pour exclure de l'assiette les valeurs mobilières, prélèvement forfaitaire unique d'environ 30 % sur les revenus de l'épargne, baisse du taux d'impôt sur les sociétés... Le programme présidentiel contient plusieurs mesures susceptibles d'encourager les business angels à investir toujours plus dans les entreprises. Mais pour récompenser leur prise de risque, il faudrait des prélèvements moins « excessifs et confiscatoires », estime Tanguy de La Fourchardière, qui plaide pour l'introduction de réductions fiscales plus généreuses dans le calcul de l'impôt sur le revenu.
Une hausse des investissements « insatisfaisante »
Une telle réforme pourrait favoriser l'investissement des business angels dans l'Hexagone. En 2016, les 72 réseaux de France Angels ont participé à 415 opérations pour un montant total de 42,7 millions d'euros. Une hausse de 3,6 % en un an jugée « insatisfaisante » par Tanguy de La Fourchardière. D'abord parce qu'elle masque une baisse, dans les mêmes proportions, de l'investissement moyen par projet (près de 103.000 euros en 2016). Surtout, parce qu'elle est en décalage avec les besoins des entreprises : « Depuis cinq ans, nous avons souvent plus de projets candidats que de capacités d'investissement », note le président de France Angels.
L'exemple breton
Dans cette course au financement, la Bretagne tire particulièrement bien son épingle du jeu. La région a reçu 14 % des montants investis par les membres de France Angels en 2016, ce qui en fait la deuxième plus attractive du pays derrière l'Ile-de-France. À l'autre bout du spectre, les Hauts-de-France semblent, eux, être boudés. Mais les chiffres de France Angels ne prennent pas en compte les investissements de tous les business angels individuels. « Et dans cette région, précise le président de France Angels, les investisseurs se trouvent plutôt dans les family offices », ces structures qui gèrent les fortunes familiales comme celle des Mulliez (Groupe Auchan). La fédération voit, en revanche, se dessiner, en Occitanie, la perspective d'une dynamique régionale nouvelle autour de Toulouse et Montpellier.