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Quantificare s'invite au pays des Cariocas
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Quantificare s'invite au pays des Cariocas

A l'origine d'un système photographique 3D intuitif destiné aux médecins esthétiques, dermatologues et chirurgiens plastiques, l'entreprise sophipolitaine spécialisée dans l'imagerie médicale s'implante au Brésil, là où le culte du corps est érigé en art de vivre.

C'est une entreprise plutôt discrète mais qui, petit à petit, creuse son sillon sur le marché de l'imagerie médicale. Il faut dire que la spin off de l'Inria, fortement investie dans les systèmes tridimensionnels, se focalise sur un marché de niche - la chirurgie plastique, la dermatologie et l'esthétique -, induisant de ce fait un positionnement fort à l'international. Et notamment aux Etats-Unis et au Brésil, respectivement première et deuxième place au monde en matière de chirurgie plastique, où Quantificare s'est récemment renforcée.

Un second bureau américain a ainsi été ouvert en 2015 à Atlanta, histoire d'épauler sa filiale de San Francisco (2004) et de prendre des positions à l'est du pays. Et cet été, c'est chez les Cariocas que l'entreprise sophipolitaine s'est implantée, là où le culte du corps est érigé en art de vivre. Deux nouvelles implantations qui ne doivent rien au hasard, et viennent compléter une présence dans quelque 45 pays au travers d'un solide réseau de distributeurs. Si bien que Quantificare réalise à l'export 90% de son chiffre d'affaires, qui s'est établi en 2015 à 5 millions d'euros contre 3,6 millions d'euros en 2014.

Deux activités, deux typologies de clientèle

Créée en 2001, Quantificare s'adresse à deux typologies de clientèle. Les industries pharmaceutiques d'abord, avec une offre de service d'imagerie 2D et 3D pour les essais cliniques. « Nous travaillons avec huit des dix plus grosses sociétés du secteur », indique Jean-Philippe Thirion, CEO de l'entreprise qui héberge par ailleurs « le premier data center dédié regroupant les photographies numériques d'une centaine de centres cliniques dans le monde ».

Mais parce que cette activité est soumise à des cycles, et que Quantificare souhaitait baser sa croissance sur un volume de clients plus important, elle s'est rapidement diversifiée en développant une activité produits destinée aux médecins esthétiques, dermatologues et chirurgiens plastiques. Soit, une gamme d'appareils photographiques 3D intuitifs - et son logiciel associé - dont la troisième génération vient de sortir. Baptisés 3D Life Viz, ils reconstituent la surface du visage et du corps permettant aux praticiens de faire des mesures, d'analyser la peau ou de simuler une opération. Et ce de façon ultra précise.

Un marché loin d'être mature

« On estime à 80 000 le nombre de médecins spécialistes dans le monde et seule une poignée est équipée de systèmes 3D. Or d'ici à cinq à dix ans, tous seront outillés », avance le dirigeant. Car les besoins existent. Outre le fait de faciliter la préparation des millions de procédures (comblement de rides, injection de collagène, pose d'implants...) pratiquées chaque année, ces outils en général, et 3D Life Viz en particulier, permettent notamment de renforcer la relation avec les patientes, celles-ci pouvant mieux se projeter en visualisant les résultats possibles, ou encore aider les dermatologues de plus en plus nombreux à faire le pas vers la médecine esthétique.

C'est donc sur ce segment d'activité, qui pèse désormais autant que celui des études cliniques, que la PME base sa croissance en 2016. D'autant que « nos systèmes 3D pourraient concerner d'autres applications médicales (médecine légale) ou non médicales (architecture) que, faute de ressources suffisantes, nous ne pouvons pas aborder ». L'entreprise autofinançant son développement. D'où la possibilité envisagée « de collaborer avec des sociétés tierces », conclut Jean-Philippe Thirion qui précise toutefois continuer « d'investir sur les deux fronts ». Quantificare consacre 20% de son chiffre d'affaires annuel à la R&D.

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