Jean-Marie Dailland, c'est le nouveau directeur de La Janais. Depuis le 1erfévrier, le site de production rennais de PSA est désormais placé sous la responsabilité de cet homme. Un cadre qui n'est pas inconnu du personnel. Âgé de 58 ans et titulaire d'une maîtrise de sciences de gestion financière, Jean-Marie Dailland a en effet consacré l'essentiel de sa carrière sur le site rennais. De 1995 à 2002, il fut successivement directeur de l'emboutissage et du ferrage, puis directeur de l'unité de production montage. S'il a quitté la capitale bretonne en 2002, c'est pour prendre la direction du centre de production de Sevelnord (Valenciennes), puis du site de Poissy. Le passé rennais, un bon point pour Jean-Marie Dailland. Pour autant, peut-on être certain que son arrivée signe - enfin - la stabilité pour la tête de La Janais ? Car depuis 2006, et après un "règne" de quatre ans d'Yvan Plazanet, le site de production breton a connu pas moins de quatre directeurs. Et pour les trois derniers, leur contrat dura en moyenne une année à peine. La palme revenant à Denis Martin, qui après huit mois à Rennes, vient d'être nommé DRH du groupe à Paris. Alors l'Ille-et-Vilaine, un tremplin et rien de plus pour des cadres en mal d'ascension professionnelle?
«Pas un laboratoire»
«Rennes n'est pas un laboratoire de formation pour les cadres dirigeants du groupe!», rétorque Pierre-Olivier Salmon, à la communication du groupe. «Le turnover au niveau des directeurs ne fait pas partie de notre stratégie, c'est uniquement pour des raisons d'actualité». Et puis si les têtes changent, les projets restent, fait remarquer Céline Médard-Cap, chargée des relations extérieures de la Janais. «Le projet stratégique de l'usine a été initié par Yves Fallouey, il a été repris par Denis Martin et il sera repris par Jean-Marie Dailland». Il n'empêche, sur le plan interne, chaque directeur va, de fait, tenter d'imposer sa marque. Et même si les objectifs restent les mêmes, cela peut être déconcertant pour les équipes qui, notamment chez les cadres, doivent s'adapter à un nouveau style. À l'extérieur des murs de la Janais aussi, ce turnover interpelle. Le Préfet de Bretagne lui-même n'a-t-il pas ainsi souhaité, à l'occasion de ses voeux écrits à Denis Martin, qu'il espérait bien une stabilité pour le site rennais. «Car il est nécessaire d'avoir un interlocuteur stable aussi bien à l'intérieur de l'entreprise que pour les partenaires», souligne Jean Daubigny. Jean-Marie Dailland est prévenu. Les décideurs locaux souhaitent discuter avec lui le plus longtemps possible.
Denis Martin nommé DRH Groupe, c'est Jean-Marie Dailland qui lui succède à la tête de La Janais. Un homme qui devra incarner la stabilité du site rennais après une série de départs.