Prix RH Grand Ouest : Eram lance une école de la chaussure pour transmettre le savoir-faire

Prix RH Grand Ouest : Eram lance une école de la chaussure pour transmettre le savoir-faire

Confronté à une problématique de transmission de savoir-faire, le groupe choletais Eram a créé sa propre Ecole de la chaussure qui ambitionne de former une soixantaine de recrues aux opérations de montage des chaussures. Un outil de formation qui permet à Eram de mettre en avant le « made in France » pour certaines de ses marques. L’entreprise est lauréate du Prix RH grand Ouest dans la catégorie Groupe.

En 2012, le groupe choletais Eram est confronté à une sacrée équation. Comment répondre à l’appétence des consommateurs pour des chaussures « made in France » alors que le savoir-faire industriel est en voie de disparition en France ? La production française de chaussures a en effet été en partie délocalisée dans les années 80 et 90 et Eram (1,5 Md€ de CA, 11.000 salariés) doit aussi faire face à une accélération de départs à la retraite de salariés qualifiés pour ses trois usines françaises. « Pour certaines marques premium comme Bocage et Mellow Yellow, la fabrication en France est un véritable atout mais quand nous avons décidé en 2012 de privilégier le « made in France » pour ces segments, le constat que nous avons fait c’est que nous ne parvenions pas à recruter d’ouvriers car il n’y avait plus de formation qualifiante ou certifiante en France », explique Julie Teillet, DRH du Pôle industriel d’Eram et de la marque Bocage. Pour conserver, et surtout transmettre, ce savoir-faire pour son métier historique de chausseurs dans les Mauges, le groupe familial choletais décide alors en 2014 de créer sa propre école de la chaussure au sein de ses usines de Montjean-sur-Loire et de Jarzé




Feuille blanche

Eram se trouve alors devant une feuille blanche. Il lui faut concevoir de A à Z ce nouveau modèle de formation. Définir et mettre en place des modules de formation, imaginer de nouvelles modalités de recrutements, mais aussi préparer ses équipes de production à intégrer ses élèves-chausseurs alors que ses usines n’ont pas accueilli de nouveaux collaborateurs depuis plusieurs années. Et ce projet a impliqué de nombreuses strates du groupe choletais ; de sa direction et de sa DRH bien sûr, jusqu’aux fonctions industrielles qui ont construit les modules de formation.



Pour le recrutement des candidats, Eram s’est appuyé sur Pôle Emploi en ciblant des personnes en recherche d’un véritable projet professionnel. Après des tests d’aptitude et plusieurs entretiens, les candidats retenus suivent durant onze semaines une POE (Préparation Opérationnelle à l’emploi) qui leur permet de découvrir leur futur métier afin de s’assurer que ce métier correspond à leurs attentes. Ensuite, ces candidats intègrent l’Ecole de la chaussure du groupe Eram dans le cadre d’un contrat de professionnalisation de douze mois.




Cinq ans pour former une soixantaine de collaborateurs

L’ambition du groupe choletais est de pouvoir former en cinq ans une soixantaine de collaborateurs qui intègrent ensuite l’entreprise en CDI. « L’objectif, ce n’est pas de former pour avoir uniquement de la main d’oeuvre. On souhaite former des collaborateurs pour qu’ils intègrent l’entreprise et qu’ils visent ensuite le certificat de qualification professionnelle de fabrication de chaussures. On est dans une démarche de formation allant jusqu’à une certification de branche. Cela nous tient à cœur car si on apprend un métier, c’est important de valoriser ses compétences », note Julie Teillet.



Aujourd’hui, 23 salariés d’Eram ont ainsi été recrutés par le groupe Eram après leur passage au sein de l’Ecole de la chaussure. Au-delà ces chiffres, Eram mise avant tout sur la qualité de la formation avec des promotions regroupant au maximum six personnes. Et après avoir transmis ce savoir-faire portant notamment sur le montage et la finition de la chaussure, Eram ne compte pas mettre son Ecole de la chaussure en stand-by. « Il faudra continuer à former pour remplacer les départs à la retraite. Et cette école sert aussi à former nos chefs de produits ou responsable-qualité qui viennent ici renforcer leur connaissance du produit. Sans compter qu’à l’autre bout de la chaîne, en boutiques, nos collaborateurs sont fiers de pouvoir vendre de produits français », ajoute Julie Teillet.