"Nous passons donc d’une concertation à une mascarade". Ainsi commence le communiqué de la CCI Nice Côte d'Azur dont le président Bernard Kleynhoff ne cache pas sa colère suite à l'annulation "une demi-heure avant" l'heure prévue des auditions par les actionnaires locaux des candidats ayant déposé le 4 juillet dernier une offre ferme au rachat des parts détenues par l'Etat (60%) dans la société Aéroports de la Côte d'Azur (ACA). Selon les informations de nos confrères de La Tribune, Bercy aurait déjà sélectionné deux finalistes pour un nouveau tour d'enchère. Il s'agirait du groupe Vinci, associé à l’assureur Predica et la Caisse des dépôts, et du consortium formé par Atlantia et EDF Invest. Pour rappel l’Italien Atlantia, gestionnaire notamment de l’aéroport de Rome, abrite en son giron la société Ecomouv, chargée un temps des fameux portiques écotaxe…
Des dérives de procédures
La chambre consulaire, actionnaire à 25% de la société ACA, évoque des "dérives de procédure", regrettant au passage "les nombreuses fuites dans la presse" qui ajouteraient "incertitude et angoisse" à un processus de cession à rebondissements multiples. "Dans ces conditions, elle réserve donc sa participation aux auditions à venir avec les candidats qui remettront des offres définitives. De plus, elle ne donnera pas d’avis sur les projets de ces candidats car nous ne souhaitons pas servir de caution morale au choix du lauréat par Bercy", soulignant par ailleurs qu'elle "est attachée depuis le début aux intérêts du Territoire Azuréen ainsi qu'à ceux de ses entreprises, et non pas au montant de la transaction entre l'Etat et le repreneur".
A Lyon aussi
A Lyon, même punition. Les auditions prévues ont elles aussi été annulées. Ce qui a fait réagir Emmanuel Imberton, président de la CCI Lyon-Saint-Etienne-Métropole : "Cette décision de l’Etat est incompréhensible (...). Il était essentiel d’entendre les collectivités territoriales. Cette méthode témoigne d’un centralisme dépassé où Paris décide pour les territoires et à la place des acteurs locaux. J'ai décidé de ne pas participer à cette concertation artificielle qui n’aura comme objet que de cautionner le choix final de l’Etat".
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