Réélu pour la troisième année à la tête du syndicat des Professionnels de l'intérim, services et métiers de l'emploi (Prisme) en Nord - Pas-de-Calais - Picardie, le directeur régional d'Adecco, Pierre Lombard, fait le point sur la situation de l'emploi.
Quels sont vos objectifs pour ce troisième mandat à la tête du Prisme? Nous avons un travail colossal à faire en terme d'image. Nous faisons beaucoup de choses, mais peu savent ce que nous faisons. Beaucoup ne nous connaissent que par l'intérim. Or, nous sommes des agences d'emploi: CDD, CDI, contrats de professionnalisation... Il n'y a pas un milieu plus concurrentiel que le nôtre. Or, il y a peu de concertation entre nous. Le Prisme a donc pour vocation de porter la voix de ce que nous faisons. Aujourd'hui, le Prisme fait partie des institutions de la zone emploi que l'on invite et que l'on intègre.
L'intérim trinque en région, notamment l'automobile qui accuse une perte de 56,06% de personnels intérimaires en 2008, quelle votre analyse? Nous sommes les premiers indicateurs en temps de crise. Nous souffrons depuis mai2008. En février2009, le marché des intérimaires en mission a chuté de 34,9% en France et 37,4% dans la région. Ceux qui souffrent le plus sont l'automobile, l'industrie traditionnelle type métallurgie et sidérurgie, le transport. L'industrie du luxe et de la cosmétique commence à souffrir. L'agroalimentaire, les services et la construction se portent malgré tout pas trop mal, comme la fabrication de biens intermédiaires, le médical et paramédical.
Comment gérez-vous cette crise et l'après-crise? L'intérim souffre et nous sommes tous en restructuration, logés à la même enseigne. Même si c'est structurel, la volonté est plutôt à l'ajustement. Mais il faut rappeler que cela fait 15ans que nous étions sur des taux de croissance très forts:+60% en 2007, 45% en 2008. Malgré la crise, le marché du recrutement reste structurellement difficile: les entreprises auront toujours autant de mal à recruter, former, fidéliser... Nous avons un rôle à jouer, notamment en besoins de formation, de qualification, de main-d'oeuvre. Il faut poursuivre les efforts de la profession. Le travail temporaire est porteur de contrats de formation: plus de 18.000en région. Ces montages répondent directement aux besoins des entreprises. Des secteurs nous laissent espérer une reprise rapide.
Tout l'enjeu du moment est de travailler à des montages de dispositifs pour accompagner l'intérimaire en vue d'une reprise. À nous de faire en sorte de faire glisser ces personnes en ajustant les qualifications. Notre rôle est de le faire de manière intelligente pour faire jouer les mobilités.
Le Prisme porte actuellement un projet commun avec la Région, la direction du Travail et l'Afpa sur l'accompagnement d'intérimaires d'un secteur bien défini. C'est une période difficile mais ô combien challengeante qui nous force à travailler différemment.
Géry Bertrande