Présidentielle : Comment Alain Juppé veut redonner de l'oxygène aux entreprises
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Présidentielle : Comment Alain Juppé veut redonner de l'oxygène aux entreprises

Le candidat à la primaire de la droite et du centre présentait, le 10 mai à Paris, son projet économique pour la France. Un programme d'inspiration libérale qui prévoit la suppression de l'ISF, la fin des 35h, la baisse de l'impôt sur les sociétés.

Après l'éducation et les domaines régaliens, l'économie. Alain Juppé sort son 3e livre pour détailler les actions qu'il souhaite mettre en oeuvre s'il est élu président de la République en 2017. Dans son programme pour redresser l'économie de notre pays, le maire de Bordeaux lance de nombreuses idées et se fixe comme objectif le retour au plein-emploi : " Nos voisins Allemands et Britanniques sont à 5 % de taux de chômage. C'est donc faisable ".




Moins de charges

Pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises, Alain Juppé souhaite réduire l'impôt sur les sociétés de 11 milliards d'euros. « Le taux normal de l'impôt sur les sociétés sera fixé à 30 % et je créerai en même temps un taux réduit à 24 % pour les PME, c'est-à-dire les entreprises jusqu'à 7,6 millions d'euros de chiffre d'affaires ». Le coût du travail, jugé trop élevé, sera allégé : « je propose de refondre tous les allégements de charges existants (soit 40 milliards des allégements généraux et du CICE), en un seul dispositif concentré sur les bas salaires, en créant un véritable " 0 charges patronales " dégressif jusqu'à 1,8 Smic. Ce dispositif sera renforcé par une baisse de 10 milliards d'euros portant sur toute la pyramide salariale, a travers d'une réduction des cotisations famille, qui sera notamment financée par l'augmentation d'un point du taux normal de la TVA ». Au sujet de l'ISF, Alain Juppé souhaite faire oeuvre de pédagogie auprès des Français pour expliquer que cet impôt est « un piège contre l'investissement » et envisage de le supprimer dès 2018. Pour donner de la visibilité aux acteurs économiques, une loi de programmation fiscale sera votée à l'automne 2017, qui comprendra l'intégralité des mesures fiscales du quinquennat et leur calendrier sur 5 ans.




Plus de souplesse

Alain Juppé dit avoir entendu l'exaspération des patrons face aux difficultés à licencier et envisage la création d'un CDI dans lequel serait indiqué les motifs prédéterminés de rupture. La fin des 35h est actée et les 39h devraient redevenir la durée de référence du travail. S'il est élu président de la République, Alain Juppé s'engage également à supprimer le compte pénibilité, « une invention diabolique ». Et il est particulièrement applaudi quand il s'attaque aux représentants syndicaux : « Je souhaite qu'ils ne perdent pas le contact avec leur métier d'origine, avec une limitation à deux mandats consécutifs et un temps consacré à l'exercice d'un mandat syndical qui n'excède pas 50 % du temps de travail ». Pour redonner le dernier mot aux salariés, des référendums d'entreprises pourront être organisés.




Quelles économies ?

Alain Juppé a chiffré son programme et estime que 80 à 100 milliards d'euros d'économies seront nécessaires. État, sécurité sociale et collectivités locales devront se serrer la ceinture. « Il faudra réduire de 250.000 postes le nombre de fonctionnaires dans les trois fonctions publiques, rétablir deux jours de carence, augmenter les possibilités de licenciement pour insuffisance professionnelle... » Et le maire de Bordeaux d'envoyer une pique aux fonctionnaires : « En ce qui concerne l'allongement de la durée de travail dans la fonction publique, il faudra d'abord faire les 35h. Puis il sera nécessaire d'aller progressivement au-delà ». L'âge de départ à la retraite sera repoussé à 65 ans entre 2018 et 2026.




Quelle méthode ?

« Les 100 jours d'avant sont essentiels », déclare le maire de Bordeaux. Il s'engage donc à tout dire et à annoncer clairement ses propositions. « Après l'élection vient immédiatement l'action. Une dizaine d'ordonnances qui auront été rédigées durant la campagne seront mises en oeuvre rapidement ».



Yann Buanec

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