Dans la zone industrielle de l’Éperon à Bruz, près de Rennes, Precival a pris place dans un ancien atelier de menuiserie. Les travaux touchent à leur fin et les premières machines ont été installées il y a quelques semaines. La jeune fonderie de précision entre désormais dans sa phase de montée en puissance. La production démarrera progressivement cet été afin d’être pleinement opérationnelle à la rentrée. L’entreprise emploie aujourd’hui sept personnes : les deux fondateurs, Antoine Bargain et Dimitri Nicolino, un technicien et quatre opérateurs. L’objectif est d’atteindre douze salariés d’ici à la fin de l’année 2026, avec le recrutement de cinq opérateurs supplémentaires.
Une opportunité née d’un changement stratégique
À l’origine du projet, deux ingénieurs spécialisés dans la fonderie de précision. En 2023, ils décident de créer leur propre structure à la suite du rachat de Nowak, leur précédent employeur, basé à Pancé (Ille-et-Vilaine). "La fonderie qui nous employait a opéré un virage stratégique après son rachat en se spécialisant dans la prothèse orthopédique, se souvient Antoine Bargain, directeur général de Precival. Nous avons choisi de poursuivre les autres activités historiques de l’entreprise. Les clients étaient intéressés." Les deux associés quittent alors leur employeur et se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. "Les industriels français avaient du mal à trouver d’autres producteurs sur le territoire. C’est dans ce contexte que nous nous sommes lancés", explique le dirigeant.
Un investissement de 6 millions d’euros
Pour financer leur projet, ils bouclent en juin 2025 une levée de fonds d’un million d’euros dans le cadre d’un programme d’investissement global de six millions d’euros. Une enveloppe qui leur permet notamment d’acquérir près de quatre millions d’euros d’équipements industriels. Parmi leurs clients figurent des acteurs de nombreux secteurs industriels, à l’exception du médical, de l’aéronautique et de l’automobile. "Saint-Gobain nous a notamment soutenus dans notre démarche afin de maintenir une production en France", souligne Antoine Bargain. Pour ces industriels, l’enjeu est de conserver une chaîne d’approvisionnement de proximité et de sécuriser la fabrication de pièces parfois stratégiques.
Une industrie modernisée pour attirer les talents
Precival fabrique des pièces métalliques en acier ou en inox, allant de quelques grammes à une vingtaine de kilos. Les clients fournissent les moules dans lesquels le métal est coulé. Loin de l’image traditionnelle des hauts fourneaux, l’outil de production repose sur un four électrique compact, manipulable par un seul opérateur. "Nous avons dû renforcer notre approvisionnement énergétique, car nos besoins en puissance sont importants lorsque le four fonctionne", précise le dirigeant. L’entreprise mise également sur l’attractivité de ses conditions de travail. Le four restera ainsi éteint chaque vendredi : les salariés travaillent 35 heures réparties sur quatre jours. "Nous recrutons dans un secteur concurrentiel et nous voulons offrir des conditions de travail favorables à nos opérateurs, expliquent les deux fondateurs. Le bassin rennais dispose d’un potentiel intéressant pour attirer des profils qualifiés."
La fonderie de précision commencera à générer des revenus dès l'entrée en service de son outil industriel. Elle vise un chiffre d'affaires de 7 à 8 millions d'euros à l'horizon 2028 et prévoit de porter 35 emplois à cette date.