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Pourquoi Nice iCapital a toutes ses chances
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Pourquoi Nice iCapital a toutes ses chances

Présélectionnée pour le prix de la Capitale européenne de l'Innovation 2017 (iCapital), la Métropole Nice Côte d'Azur a défendu sa candidature à Bruxelles le 18 septembre dernier. Retour sur ce grand oral avec Sébastien Viano, directeur des financements extérieurs de la collectivité, en charge des affaires européennes.

Il est 9 h du matin, ce lundi 18 septembre, lorsque la délégation azuréenne fait face au jury international qui devra désigner le lauréat 2017 du prix de la Capitale européenne de l'Innovation (ou iCapital). Une distinction prestigieuse pour laquelle Nice Côte d'Azur (NCA) se trouve en compétition avec neuf autres métropoles européennes* dont les noms ont été dévoilés fin août par la Direction générale Recherche et Innovation de la Commission européenne.

Qwant et UCA aux avant-postes

Pour défendre les couleurs niçoises, deux représentants de la Métropole ont fait le déplacement à Bruxelles, accompagnés d'Eric Léandri, P-dg du moteur de recherche Qwant et président de la French Tech Côte d'Azur, et Alice Guilhon, directrice générale de Skema Business School. Laquelle représentait l'Université de la Côte d'Azur. Un choix calculé qui, selon Sébastien Viano, directeur des financements extérieurs de la métropole en charge des affaires européennes et membre de la délégation, aurait eu son petit effet. « Le jury a apprécié le fait que la parole ne soit pas monopolisée par la collectivité et qu'une place soit laissée aux acteurs de l'innovation territoriale ». Car, rappelle-t-il, « si la Commission soutient fortement l'innovation, c'est pour permettre la création d'activité et d'emplois ». À cet égard, le moteur de recherche niçois s'avère être une bonne illustration, lui qui prévoit de recruter 1.000 personnes en Europe dans les cinq prochaines années. Voilà pour la forme.

Innover pour répondre aux défis du territoire

Pour le fond, l'accent a été mis sur « l'originalité de ce territoire» qui, bien qu'« exceptionnel et particulièrement prisé des touristes, doit faire face à des défis importants qui l'ont amené à innover », résume Sébastien Viano. Parmi ces défis, l'énergétique et le changement climatique. Il faut dire que le territoire azuréen, situé en bout de ligne électrique, est devenu par la force des choses une terre pionnière en matière de smarts grids, ces réseaux intelligents qui placent le consommateur au cœur de la politique énergétique locale. Avec toutes les innovations que cela implique. Et la nécessité d'impliquer le citoyen dans la gestion de sa consommation via, notamment, le développement d'outils numériques.

Cela tombe bien, c'est justement un des critères clés pour l'attribution de ce prix, à savoir la capacité des villes à innover au service du citoyen et à l'impliquer dans son bon fonctionnement. D'où un argumentaire qui a fait la part belle au citoyen acteur dans tous les domaines abordés, l'énergie, on l'a vu, mais aussi la démographie (« 29% de la population a plus de 60 ans, il s'agit de ne pas exclure les seniors du numérique ») ou encore la vulnérabilité du territoire aux risques, qu'ils soient naturels ou liés au terrorisme.

Exemples concrets

Pour ce faire, un certain nombre d'initiatives et d'outils ont été - ou vont être - développés sur le territoire pour « donner la parole au citoyen dans nos politiques d'innovation », reprend Sébastien Viano. Lequel cite, pêle-mêle, le conseil de développement économique métropolitain, organe constitué d'acteurs de la société civile dont la vocation est de faire remonter des idées du terrain, la plateforme Civocracy sur laquelle "les citoyens ont la possibilité de suggérer des projets, de contribuer à des discussions lancées par la collectivité », ou encore le récent appel à projets invitant les habitants et usagers à imaginer les services connectés du futur tramway. Autant d'exemples « concrets » qui sont venus étayer une présentation avec laquelle Nice Côte d'Azur entend bien faire mouche.

« On a vraiment toutes nos chances », avance le directeur. Lequel souligne par ailleurs la « crédibilité" acquise ces dernières années par la Métropole en gagnant « beaucoup d'appels à projets européens d'envergure », dont le récent ReUseHeat (4 millions d'euros de financement) qui vise à développer un réseau urbain de chaleur et de froid expérimental dans le quartier du Grand Arénas.

Une mini-Europe

Bref, avec cette candidature préparée depuis septembre 2016, Nice Côte d'Azur n'entend pas faire de la figuration. Si « être finaliste est déjà en soi un énorme bond en avant en terme d'image », la collectivité vise le podium. À la clé, 1 million d'euros pour la métropole gagnante, 100.000 euros pour celles qui arriveront deuxième et troisième. Une somme qui servira, si NCA l'emporte, à renforcer l'appropriation de l'innovation sur le territoire, créer un prix de l'innovation pour le citoyen, développer différents projets sur le haut pays ou encore soutenir la Cité européenne de la santé à Pasteur.

« On a des atouts dont celui, de par nos spécificités géographiques, démographiques et territoriales, d'incarner une mini-Europe qui pourrait être un modèle, un terrain d'expérimentation pour l'Europe entière. C'est ce que l'on a cherché à montrer ». Le jury partagera-t-il cette analyse ? Réponse le 7 novembre prochain à Lisbonne, à l'occasion du web Summit.

*Les dix villes présélectionnées sont Aarhus, Berlin, Copenhague, Helsinki, Nice, Paris, Tallinn, Tampere, Tel Aviv et Toulouse.

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