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Pourquoi l'entrepreneur Bruno Bonnell marche pour Emmanuel Macron
Témoignage Lyon # Politique économique

Pourquoi l'entrepreneur Bruno Bonnell marche pour Emmanuel Macron

Chef d'entreprise incontournable à Lyon, Bruno Bonnell a complètement plongé dans le bain de la politique. Référent du mouvement "En Marche" dans le Rhône, il s'est improvisé chauffeur de salle le 4 février pour promouvoir son champion Emmanuel Macron.

Son meeting organisé samedi 4 février au Palais des Sports de Gerland a rassemblé environ 10.000 personnes. Durant 1h30, Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l’Economie de François Hollande, a brossé un portrait de "sa" France : ouverte, créative, collaborative, rassemblée. Pas de programme précis mais une vision sociétale du travail, de la sécurité, des relations internationales, de l'école ou encore de la laïcité décrite à travers le triptyque "Liberté, Egalité, Fraternité". Pour comprendre ce qui se cache derrière cette méthode de rassemblement et cette stratégie de campagne, il faut interroger Bruno Bonnell. À 58 ans, il se décrit comme « poly-entrepreneur » : fondateur des sociétés Infogrames, puis Atari, aujourd'hui à la tête de Robopolis et du fonds d’investissement Robolution Capital, il est aussi président du conseil d’administration d’EMLyon. En plus de toutes ses casquettes, il en endosse une nouvelle, qui visiblement le passionne, celui de référent du mouvement "En marche" dans le Rhône. Quelques jours avant le meeting, il exposait les raisons de son engagement aux côtés d’Emmanuel Macron et enjoint les dirigeants d'entreprises qui partagent sa position à en faire autant.
Verbatim.

Coup de cœur

« J'ai rencontré Emmanuel Macron lorsqu'il était à Bercy. Il a repris l'initiative portée par Arnaud Montebourg et m'avait chargé de l’élaboration et de la mise en place du plan "France Robot Initiative" visant à définir la robotique comme un secteur de développement économique stratégique pour la France. Je l'ai trouvé différent des autres. J'ai croisé beaucoup d'élus, de dirigeants, de "stars" de la politique. Mais pour moi il détonne dans le paysage et appartient à la catégorie des personnes d'exception. Je le trouve doté d'une grande maturité, d'une excellente capacité de synthèse. Lorsqu’il est venu s’exprimer en juin dernier à Lyon, je suis "tombé en confiance" ! Et aujourd’hui, sa légitimité, sa capacité à gouverner se renforcent à travers les personnalités de qualité qu'il fédère autour de lui, comme le directeur de France Stratégie Jean Pisani-Ferry et d’autres experts qui restent encore dans l’ombre, mais pas pour longtemps je l'espère ! » (1)

Echiquier politique

« Emmanuel Macron refuse de se situer sur l'échiquier politique français parce qu’il ne s’inscrit pas dans le schéma traditionnel ! Il n’est ni au centre, ni de droite, ni de gauche mais incarne un mouvement intellectuel. Et ce mouvement n’est précisément pas figé ou attaché à une ligne mais s’inscrit à l’intérieur d’un plan en trois dimensions. Il considère par exemple que l'on n'a pas besoin d'être semblable pour être "ensemble", et qu'il vaut mieux se mettre autour de la table plutôt que de vouloir la renverser. Ce meeting à Lyon est pour lui une façon d'ancrer sa campagne depuis une métropole majeure qui sait dépasser les clivages. La méthode Collomb n'est pas loin de la méthode "En Marche" : efficacité et pragmatisme. Les choses sont assez simples : ce type est bon, il a envie, il est disponible. Alors on y va ! »

Discrétion des chefs d’entreprises

« Ils étaient quelques-uns pourtant samedi (Roland Tchénio, le président du groupe Toupargel ; Vincent Carry, directeur d'Arty Farty, NDLR). Mais c’est vrai que de façon générale, les patrons estiment que la politique n'est pas leur problème. Ils ont pourtant des activités syndicales, associatives.... Moi je considère qu'un patron est un homme politique, il défend une philosophie à travers son style de management : il fait fonctionner son entreprise à travers un mode collaboratif ou vertical, il adhère au Medef, à la CPME, à l'UPA... bref, il a des convictions. Mais la politique des trente ou cinquante dernières années les a découragés de partager leurs idées et les livrer publiquement ».

Financement

« Nous organisons des réunions chez les particuliers, nous montons des dîners républicains, nous assumons parfaitement une levée de fonds. Une campagne présidentielle est plafonnée à 21 millions d'euros, 17 millions pour le 1er tour, 4 millions pour le second. S'il dépasse 5% des voix, Emmanuel Macron sera remboursé à 47%, soit 10 millions d'euros. Nous sommes en train de collecter de l'argent. Le don moyen se monte à 340 euros. On atteint, ce lundi 6 février, environ 5 millions d’euros collectés auprès des particuliers. »

(1) Les économistes Elie Cohen et Philippe Aghion, l’auteur Erik Orsenna, le mathématicien Cédric Villani, les anciens ministres de Jacques Chirac, Jean-Paul Delevoye et Renaud Dutreil ou encore l’ancienne ministre socialiste Nicole Bricq étaient également présents lors du meeting d'Emmanuel Macron le 4 février.

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