L’année 2025 aura été particulièrement dense pour l’aubagnais Renobat (40 salariés ; CA : 16,80 M€), spécialiste de la rénovation d’immeubles en péril, de la mesure conservatoire à la réhabilitation lourde, en passant par le renfort de structures. "RH, RSE, informatique, finances… On a tout audité pour mieux structurer avant de dupliquer", explique Bertrand Rigaud, codirigeant de la PME, qui s'appuie par ailleurs sur le "club d’entrepreneurs" Capital Croissance. Un fonds dédié au développement des start-up, PME et ETI en croissance, qui est depuis peu actionnaire minoritaire.
Des agences dans le Var et l’Hérault
"C’est un booster pour passer un cap", résume le directeur de Renobat, cofondé en 2017 avec Nicolas Bonelly, actuel président et cogérant. "Pour ouvrir d’autres agences, en commençant par le Var et Montpellier en 2026-2027, nous avions besoin d’un acteur référent pour la partie administrative, commerciale, financière. Un partenaire qui nous accompagne et nous permet également de mettre en œuvre un plan d’actions pour les salariés. Nous tenons à ce qu’ils partagent la valeur qu’ils vont eux-mêmes créer. Qu’ils deviennent tous entrepreneurs."
Un partenaire minoritaire
Ce partenaire, c’est finalement Capital Croissance, qui est entré au capital pour un montant non communiqué, dans le cadre d’une opération d’OBO (Owner Buy Out). Pour l’heure, Nicolas Bonnelly et Bertrand Rigaud n’envisagent pas de céder leur entreprise mais d’en "sortir au fur et à mesure". "On valorise, glisse le directeur. Puis dans deux trois ans, ceux qui sont entrés au capital pourront y entrer encore plus, jusqu’à ce qu’on se dilue."
30 % de croissance par an depuis 2017
D’ici là, les deux premières agences devront être créées avec un objectif de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires chacune dès la première année pour ensuite tendre vers 4 à 5 millions d’euros avec des équipes d’une dizaine de collaborateurs. De quoi renouer avec une forte croissance, après cette année de stabilisation. "Depuis 2017, on est à 30 % par an", précise le codirigeant. Un exploit dans le secteur du BTP, dans une forme de niche que les associés ont investie à ses balbutiements.
Une expertise du bâti fragilisé
Ingénieurs en génie civil, ils ont beaucoup travaillé sur la rénovation du bâti haussmannien de la rue de la République à Marseille. "On connaissait parfaitement ces immeubles fragilisés et on était convaincus que les syndics, les bureaux d’études, les propriétaires, les collectivités, auraient besoin de notre expertise pour préserver le patrimoine des centres-villes, retrace-t-il. Que ce soit pour de la réhabilitation ou en urgence." Le duo misait sur une évolution assez lente des pratiques à force de sensibilisation.
Une explosion du marché après des effondrements à Marseille
Mais l’effondrement de deux immeubles très dégradés rue d’Aubagne à Marseille, qui a fait huit morts fin 2018, a tout accéléré. Les acteurs du logement ont rapidement sorti le parapluie puis la sécurisation et la réhabilitation se sont structurées et en 202, le marché s’est emballé. Renobat est intervenu à Marseille, Aix-en-Provence, Auriol, "mais à Toulouse, Bordeaux ou Lille, la problématique est la même", souligne Bertrand Rigaud. "Et les principaux bureaux d’études, avec qui on travaille, ont déjà des agences dans toutes ces villes." Les y rejoindre sera donc la prochaine étape, d’ici 2028.