Le Journal des Entreprises : Les élections consulaires sont lancées, pourquoi est-ce important de voter sachant que le dernier taux de participation était de 15% et que celui des élections à la chambre de métiers a chuté à 10% ?
Emmanuel Thaunier : « Lorsqu'il n'y a qu'une liste en lice, la tentation est grande pour les électeurs, les 40.000 entreprises d'Ille-et-Vilaine, de s'abstenir... alors que c'est justement l'inverse qu'il faudrait faire, à savoir voter !
• Voter pour soutenir la liste de candidat(e)s proposée car elle représente l'union interprofessionnelle du département, toutes branches et syndicats confondus.
• Voter pour donner aux futurs élus toute la légitimité nécessaire pour représenter et défendre les intérêts des entreprises d'Ille-et-Vilaine auprès des pouvoirs publics et collectivités territoriales.
• Voter pour reconnaître aussi le travail accompli par les élus - chefs d'entreprise de la précédente mandature qui ont sans relâche soutenu le développement économique de nos territoires, de nos entreprises et de ses jeunes talents. »
Quel est votre projet pour la future CCI35 ; quels en sont les enjeux ?
E.T. : « L'économie des chambres de commerce est devenue, depuis trois ans, très compliquée. Les ponctions répétées de l’État sur nos ressources - qui proviennent en grande partie des entreprises - nous invitent à nous réorganiser encore plus rapidement, sans dégrader notre service de proximité aux entreprises. Là est tout l'enjeu de la prochaine mandature : services, appuis aux entreprises, développement d'équipements, formations de qualité... dans un contexte budgétaire contraint. La double réorganisation du réseau consulaire breton qui s'annonce vient à point nommé. Les fusions des CCI de Saint-Malo - Fougères et de la CCI de Rennes vont nous permettre de réaliser des économies. La régionalisation de notre réseau et la responsabilité renforcée de la CCIR (stratège et organisatrice) vont nous permettre de mutualiser encore davantage nos bonnes pratiques et d'offrir à chaque entreprise du territoire le service/la prestation/l'offre la plus adaptée à son besoin et à son stade de développement. »
Le pouvoir économique des Régions se trouve renforcé, quelle place tient encore la CCI ? N’y a-t-il pas un désintérêt des chefs d’entreprise pour cette institution ?
E.T. : « La loi NOTRE confère aux Régions et communauté de communes de nouvelles initiatives en terme de développement économiques. Les métropoles se sont vues renforcées par un statut particulier, leur laissant plus de prérogatives alors que le Département doit totalement se retirer de ce champ d'ici à la fin de l'année. Pour la future CCI d'Ille-et-Vilaine, à la fois départementale, territoriale et métropolitaine (sans oublier son engagement historique dans la réorganisation régionale) notre capacité d'adaptation dans le "servir" notre territoire et ses entreprises devient l'enjeu primordial des prochaines années.
A plus brève échéance, nous avons des décisions et des choix importants qui se présentent à nous. L'accompagnement de l'attractivité du territoire de Rennes au travers de l'aéroport de Rennes-Saint Jacques ou de l’École supérieure de commerce (ESC) sont très importants pour le rayonnement métropolitain. Le renouvellement de la délégation de service public du Port de Saint-Malo, aujourd'hui exploité par la CCI, tout comme le projet de campus de formation aux métiers de l'industrie sur le territoire des Marches de Bretagne (Fougères-Vitré) sont des projets sur lesquels nous travaillons d'ores et déjà. La revitalisation du commerce urbain comme périurbain voire rural est une préoccupation de tous les jours pour les élus chefs d'entreprise. Sur tous ces sujets la CCI doit collaborer avec les collectivités territoriales pour construire des dispositifs efficaces et efficients en terme budgétaire, garant de l'intérêt général. Tel est le mandat que nous donneront nos pairs au travers du prochain scrutin.
Une chose est de partager et de co-construire une stratégie de développement économique avec les collectivités territoriales et les pouvoirs publics, une autre est de la mettre en œuvre. Les CCI départementales de Bretagne seront là, en proximité, pour relever ce défi avec la conviction qu'entreprises et territoires ont un avenir commun. »