Le créateur
Benjamin Machkouri, 28 ans, est titulaire d'une licence d'économie-gestion, obtenue à Rennes. Franco-iranien, il part vivre un an au Mexique, où il trouve une idée pour créer son entreprise : utiliser des cuirs exotiques pour fabriquer des sacs luxueux à moindre coût. Au Mexique, ces cuirs de python, crocodile ou autruche sont utilisés pour fabriquer des articles assez ostentatoires... et en France ils sont hors de prix car vendus uniquement par des marques de luxe ! « Autant de différence m'a marqué », se souvient Benjamin Machkouri, qui décide alors de suivre un master en stratégie d'entreprise pour aller au bout de son projet.
Les débuts
Il crée sa SARL en 2015. « Il me fallait des statuts pour faire des demandes de fabrication, importer le cuir, demander des certificats, etc. Même si je ne pouvais pas vendre tout de suite mes produits », raconte le jeune chef d'entreprise. Face à la frilosité des banques, il sollicite sa famille pour faire fabriquer ses premiers prototypes, avoir un peu de stock, un site internet... 16.000 euros en poche, il part faire fabriquer son premier sac, sur un modèle inspiré de celui en Alligator de sa grand-mère. Très vintage et cela évite de réaliser trop de prototypes ! « J'ai choisi un fabricant espagnol de très haute qualité près de Cadix, dont c'est la spécialité, précise le dirigeant. De plus, c'est tout près de la France, donc pas de décalage horaire comme avec le Mexique. »
Les produits
Pour sa première collection, en vente depuis octobre 2016 (uniquement sur internet), Benjamin Machkouri propose quatre modèles déclinés en trois couleurs (deux types crocodiles et un type python) : un grand sac, un petit, et deux portefeuilles (homme et femme).
Les objectifs
« Je ne veux pas essayer de concurrencer des Vuitton ou Hermès ! Mais il y a un potentiel pour offrir des produits de qualité, éthiques, à un public qui n'a pas forcément accès au luxe ». Voilà pour sa cible française. Mais à côté de cette clientèle, il a des ambitions à l'international. « J'ai eu l'opportunité de conclure un contrat avec une société au Qatar, Arabian Porter. Courtisan Couture va donc être référencée sur son site internet, qui est le numéro un des ventes de luxe dans le Golfe », se réjouit Benjamin Machkouri, qui s'ouvre là un marché important pour tous les pays du Moyen Orient. « Mon objectif est de vendre principalement à l'étranger, confie-t-il, conscient de l'impact des produits français sur ces territoires où, de plus, s'afficher avec des produits de luxe ou ostentatoires n'est pas tabou !
Les perspectives
Après un démarrage tranquille, conforme à son prévisionnel, Benjamin Machkouri estime pouvoir atteindre le seuil de rentabilité d'ici à trois ans (avec 250 produits vendus par an). Pour cela, il va créer d'autres produits, dans de nouvelles couleurs.